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    Des soldats belges contrôlent les abords de l'aéroport de Bruxelles le 22 mars 2016

    Attentats en Europe, preuve de faiblesse de Daech?

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    L'Etat islamique (2014) (1131)
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    Certains analystes estiment que les attentats en Europe traduisent le désespoir des chefs de l'organisation terroriste Daech. D'autres suggèrent que les attaques avaient été planifiées bien à l'avance et n'y voient aucun lien avec la lutte antiterroriste en Syrie.

    Les attaques terroristes visant l'Europe peuvent être la conséquence des pertes subies par Daech en Syrie et en Irak, considèrent des experts américains et européens, cités par le journal suédois Dagens Nyhter.

    Roses are placed in bullet holes of the window of a Japanese restaurant along the Rue de Charonne in central east Paris, on November 15, 2015, two days after deadly attacks across the city
    © AFP 2019 Kenzo Tridouillard
    Pratiquement tous les experts cités par le journal voient un lien entre les défaites de Daech au Proche-Orient et la montée de la menace terroriste en Europe. D'ailleurs, ce phénomène n'est pas récent: il suffit de se souvenir de la vague d'attaques terroristes qui a déferlé sur l'Irak après l'invasion des forces de la coalition dans ce pays.

    Encore l'année dernière, les analystes prévenaient qu'en perdant ses positions, Daech devenait encore plus dangereux. En à peine un an, l'Europe occidentale a été frappée par quatre attentats. Quant à la Turquie, elle en a connu cinq en six mois.

    "Daech s'est transformé en une bête harcelée", considère Robert Pape de l'Université de Chicago. Selon ce dernier, les attaques ayant récemment frappé la capitale belge sont une preuve de faiblesse et pas le contraire.

    Pourtant, l'expert suédois Magnus Norell ne partage pas son avis.

    "C'est très ambitieux de notre part de considérer que ce à quoi on est en train d'assister est la dernière agonie de Daech", dit-il. Selon lui, les bombardements en Syrie et en Irak n'ont fait que précipiter des attaques qui tôt ou tard auraient été perpétrées.

    Hans Brun expert du King's College de Londres a un avis tout à fait différent. Il y voit plutôt un changement de tactique: les leaders de Daech se tournent vers l'expérience d'Al-Qaïda qui, à l'époque, a divisé ses ennemis en "proches" et "lointains". Parmi les premiers figurent certains régimes proche-orientaux collaborant avec l'Occident. Quant à la seconde catégorie, c'est l'Occident, rappelle l'expert.

    Ce qui distingue ces deux organisations terroristes: "A Al-Qaïda, on a toujours dit que l'essentiel était de vaincre l'ennemi +lointain+ avant de se tourner vers les régimes +traîtres+ locaux, si bien que (cette nébuleuse terroriste, ndlr) se concentrait d'habitude sur des attaques retentissantes en Occident. Daech, au contraire, proclame son califat, tentant de vaincre les ennemis +locaux+", considère M.Brun.

    Ce que l'on voit aujourd'hui témoigne de changements substantiels.

    "Ceci peut être interprété comme un passage à la tactique d'Al-Qaïda: attaquer d'abord l'ennemi +lointain+ pour faciliter la pression en Syrie et en Irak", considère l'expert.

    Le matin du 22 mars, des explosions ont retenti d'abord à l'aéroport international de Bruxelles, puis dans le métro, à la station Maelbeek, faisant selon un dernier bilan 28 victimes et plus de 300 blessés de 20 nationalités.

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    menaces, attentat, explosion, terrorisme, bombardements, Al-Qaïda, Etat islamique, Turquie, Europe, Syrie, Belgique, France, Irak
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