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    Le président turc Recep Tayyip Erdogan

    Erdogan réduit à néant les chances de la candidature turque à l'UE

    © AFP 2019 Emmanuel Dunand
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    Le président Recep Tayyip Erdogan a enregistré une victoire à la Pyrrhus en obligeant l'Union européenne à faire des concessions à la Turquie, considère l'orientaliste américain Daniel Pipes.

    En faisant chanter l'Union européenne, le président Recep Tayyip Erdogan risque de conduire son pays vers une catastrophe d'envergure que la Turquie ne pourrait supporter, écrit dans son éditorial pour le Washington Times Daniel Pipes, historien et orientaliste qui préside le centre d'analyses Middle East Forum.

    Beaucoup de réfugiés syriens cherchent à se rendre dans le nord de l'Europe, ce qui offre au président turc un outil très pratique pour faire chanter l'Union européenne, fait remarquer l'expert. Selon ses projets, l'Europe doit récompenser généreusement Ankara et autoriser quelque 80 millions de citoyens turcs à circuler en Europe sans visa. Dans le cas contraire, la Turquie laissera déferler sur le continent européen les réfugiés non seulement de Syrie, mais du Proche-Orient tout entier.

    Pour le moment, ce scénario marche, sous l'influence de la chancelière allemande Angela Merkel, les Européens ont fait des concessions. Mais dans une perspective lointaine, le projet d'Erdogan peut se retourner contre la Turquie, considère l'historien.

    "Cette victoire peut s'avérer être une victoire à la Pyrrhus", écrit-il ajoutant que l'atmosphère créée par M. Erdogan risquait à l'avenir de diminuer, ou même de réduire à néant les chances de la candidature turque à l'UE.

    En outre, le jeu de Recep Tayyip mène à un changement profond dans la perception de la crise migratoire par les Européens, les populations du Vieux Continent commencent à protester contre l'accueil d'un nombre encore plus important de migrants proche-orientaux, y compris de Turquie, rajoute l'expert. Les résultats des régionales en Allemagne ne font que le prouver: ils ont été décevants pour l'Union chrétienne-démocrate (CDU), parti de la chancelière Angela Merkel qui a prôné la politique de "portes ouvertes".

    La Turquie elle-même risque de se retrouver confrontée à des problèmes migratoires: en soutenant les islamistes sunnites, Erdogan favorise l'afflux de réfugiés venus de Syrie. Il est peu probable que la population locale accueille avec enthousiasme les migrants, ce qui risque de provoquer une explosion sociale dans le pays, considère l'historien américain.

    "Et ce n'est que le début. Réunies, toutes ces erreurs indiquent que les problèmes qui en découlent seront encore plus nombreux", fait remarquer Daniel Pipes.

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    adhésion à l'UE, migrants, Erdogan Karakus, Proche-Orient, Syrie, Turquie, Europe
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