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Selon le quotidien britannique The Guardian, l'amour des Russes pour la littérature classique s'explique par leur peur de Poutine.

The Guardian, qui se prend pour un journal sérieux et respectable, a récemment publié des révélations si choquantes qu'elles ont éclipsé même le scandale provoqué par le fameux "dossier panaméen". A en croire ce périodique, les Russes ne lisent la littérature classique que… parce qu'ils ont peur de Poutine.

Telle est la conclusion que les journalistes britanniques ont tirée d'un sondage réalisé par le centre analytique indépendant Levada. Invités à nommer les grands écrivains russes, les sondés ont cité Tolstoï, Tchékhov, Dostoïevski et Pouchkine. Ce dernier est arrivé quatrième, ce qui est parfaitement logique, car pour les Russes, il est en premier lieu un grand poète.

Mais l'essentiel n'est pas là. Dans la "Russie de Poutine", affirme The Guardian, les écrivains contemporains, surtout ceux qui font partie de l'opposition, ne sont pas très appréciés. Pourquoi? Parce que les Russes ont peur de lire Boris Akounine, Lioudmila Oulitskaïa et Viktor Pelevine.

Que les Russes dédaignent certains de ces auteurs, on peut le comprendre. Il suffit de lire ce que Mme Oulitskaïa pense de la Russie et de son peuple.

"Mon pays a aujourd'hui déclaré la guerre à la culture, aux valeurs de l'humanisme, à l'idée de la liberté et des droits de l'homme formulée par la civilisation tout au long de son histoire. J'ai honte de notre parlement inculte et agressif, de notre gouvernement vindicatif et incompétent, des dirigeants de notre pays et des surhommes de pacotille. J'ai honte de nous tous, de notre peuple dépourvu de repères moraux", affirme cet officier de la Légion d'Honneur.

En fait, si les Russes refusent de lire Mme Oulitskaïa, c'est parce qu'ils craignent les répressions de la part du pouvoir en place, affirment les journalistes britanniques. Pire, ces derniers ont poussé la mauvaise foi jusqu'à dire qu'à l'époque de Poutine, "les lecteurs désireux de connaître les œuvres des auteurs nouveaux et incitant à la réflexion doivent être non seulement curieux, mais aussi courageux".

Mais oui, c'est effectivement la peur de Poutine qui nous pousse à lire la littérature classique et ce, non seulement russe, mais aussi anglaise, française, allemande, américaine, etc… C'est aussi par peur de Poutine que les Russes visitent les musées, les expositions et vont au théâtre.

Une question s'impose: pourquoi parmi les films tournés en Occident d'après les œuvres russes et soviétiques, la littérature classique occupe-t-elle la toute première place? On y compte 15 adaptations d'"Anna Karénine", quatre adaptations de "Guerre et Paix", ainsi que de nombreuses productions réalisées d'après "Eugène Onéguine" de Pouchkine, "Le Joueur" et "Crime et Châtiment" de Fiodor Dostoïevski… Mais où sont les adaptations d'Akounine et de Pelevine? Néant.

Ne me dites pas que c’est aussi par peur de Poutine.

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Tags:
livres, classiques, littérature, The Guardian, Viktor Pelevine, Lioudmila Oulitskaïa, Boris Akounine, Vladimir Poutine, Royaume-Uni, Russie
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