Racheter les œuvres d'art spoliées par les nazis, c'est être leurs complices

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Volée par les nazis lors de la Seconde Guerre mondiale, une peinture flamande de Bartholomeus van der Helst est réapparue soixante-treize ans plus tard en Autriche, où elle a failli être mise en vente par la maison Im Kinsky.

La protestation des héritiers légitimes et l'intervention du ministère français de la Culture ont fait que l'huile datée de 1647 et faisant partie des 333 pièces de la collection d'Adolphe Schloss a été retirée du catalogue en ligne de la vente prévue ce mardi 12 avril.

La première victoire est actée, toutefois, l'histoire ne finit pas là, les "propriétaires" de l'œuvre, officiellement reconnue comme spoliée par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale et même listée par Interpol, refusant de la reconstituer aux héritiers légitimes.

"C'est très bien d'avoir annulé la vente à Vienne, mais si c'est pour nous dire qu'on devra une compensation, cela voudra dire que nous devrons être des espèces de complices de la spoliation de 1943, et nous le refusons. En aucun cas nous n'entendons payer quoique ce soit pour que ce tableau soit restitué à son légitime propriétaire", indique dans un entretien à Sputnik Me Antoine Comte, avocat de l'héritière Eliane de Martini, spécialisé dans les affaires de spoliation.

Certes, revendre et même posséder une œuvre d'art détournée est un recel, mais les propriétaires actuels assurent avoir ignoré sa provenance lors de son achat en 2004. Toutefois, selon Me Compte, cette rhétorique est aussi habituelle que prévisible dans les cas de spoliation d'œuvre d'art.

"A chaque fois qu'on retrouve une pièce volée, à chaque fois on dit +on ne savait pas, mais on peut trouver un accord+. Il n'y a pas d'accord avec des gens qui achètent une pièce volée, avec une pièce volée qui est reconnue comme telle", affirme-il ajoutant que les acheteurs et les revendeurs qui sont des spécialistes, se dispensent de faire les vérifications appropriées.

​Selon l'avocat, si les propriétaires actuels refusent de restituer l'œuvre d'art à la légitime propriétaire, cette dernière fera appel à la justice.

"S'il faut déposer plainte en France pour une infraction de recel, nous le ferons. Sans aucun doute", a-t-il conclu.

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