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    Une banque suisse zélée sanctionne une citoyenne prénommée Isis

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    Menace terroriste en Europe (341)
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    Porter le prénom d'une déesse égyptienne, c'est risquer d'être pris pour un terroriste…

    La patronne d'une agence de voyage de Lausanne, Isis Bihiry, a été sanctionnée par la banque suisse Postfinance en raison de son prénom qui coïncide avec l'acronyme anglais du groupe terroriste Etat islamique, rapporte le journal The Local.

    Depuis plus d'un mois, les virements d'argent des clients de son agence, Royal Voyages, arrivent plus tard qu'à l'accoutumée. Un jour, Mme Bihiri a fini par se renseigner auprès de l'un de ses clients qui a appelé la banque Postfinance, l'organisme financier de la Poste suisse.

    "Votre transaction a été bloquée car des personnes portant le nom ISIS figurent sur des listes de sanctions. Une inscription sur une liste de ce genre signifie notamment que des sanctions financières sont appliquées à l'encontre de la personne en question", a répondu Postfinance dans un courrier cité par le site 20minutes.ch.

    Isis Bihiry, citoyenne suisse née dans une famille de ressortissants égyptiens, a été baptisée Isis en l'honneur de la grande déesse de l'Egypte antique, Isis. Malheureusement, son prénom est identique à l'acronyme anglais ISIS du groupe terroriste Daech (EI en français).

    Le porte-parole de la Postfinance, Johannes Möri, a refusé de commenter l'incident devant les journalistes "en raison du secret bancaire". Il a toutefois confirmé que la banque respectait les normes strictes concernant les virements de fonds et notamment les lois suisses interdisant de financer Daech et ses partenaires.

    "Mais quel malade ferait un virement bancaire ouvertement pour l'Etat islamique?" s'amuse la Lausannoise contactée par "20minutes", dont les fonds ont plus tard été débloqués.

    Cette situation est amusante et alarmante à la fois, selon Mme Bihiry. Elle s'est dit choquée par le fait qu'une personne peut se retrouver sur la liste des sanctions simplement à cause de son nom.

    A l'avenir, de tels incidents pourraient compliquer la vie de nombreux Européens. Le parlement européen a adopté jeudi un accord sur le registre européen des données des passagers aériens (Passenger Name Record, PNR) permettant de mieux tracer les itinéraires aériens des terroristes potentiels, ainsi que des trafiquants de drogue et d'armes.

    Le PNR obligera les compagnies aériennes à communiquer des données sur leurs passager — leurs noms, adresses, numéros de passeports et de cartes bancaires, dates de voyages, itinéraires, coordonnées et informations sur les bagages — à 27 Etats européens. Le Danemark ne participe pas au projet. 

    Le Conseil de l'UE a déjà annoncé son intention d'entériner ce texte la semaine prochaine. Cet accord permettra notamment de lancer des échanges d'informations sur les passagers aériens entre l'UE et les Etats-Unis.

    Les passagers ayant viré des fonds à des porteurs de "noms suspects" risquent notamment de se voir interdire de monter à bord d'un avion voire d'être interpellés dans le cadre d'une procédure judiciaire.

    Dossier:
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    Tags:
    virements de fonds, lutte antiterroriste, financement, gel d'actifs, sanctions, Passenger Name Record (PNR) européen, Poste suisse, PostFinance (Suisse), Conseil de l'UE, Etat islamique, Johannes Möri, Isis Bihiry, Lausanne, Suisse, Europe
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