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    "Je veux qu'on traite les femmes afghanes comme des êtres humains"

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    Un jeune Afghan s'est mis en grève à Kaboul malgré les menaces de ses proches pour attirer l'attention du gouvernement sur le problème des droits des femmes.

    Au centre de Kaboul, un jeune Afghan, âgé de 17 ans, a lancé une grève contre la violation des droits des femmes en Afghanistan. Khanwali Adil, de la province de Paktiya (sud-est de l'Afghanistan) s'est installé dans une tente sous le slogan: "Je proteste contre l'oppression des femmes dans la société afghane". Le motif de sa grève sont des violations systématiques des droits des femmes dans sa famille.

    ​"Cette protestation s'adresse à ma famille, au gouvernement et au clergé, qui violent les droits des femmes et pensent que c'est normal", a-t-il déclaré à Sputnik.

    M.Adil a raconté qu'en Afghanistan la violation des droits des femmes était une norme. Près de 3.000 personnes ont passé des examens d'entrée à l'université de Paktiya, dont seulement 180 filles.

    "Ma famille en est un exemple. Pas une seule de mes sœurs ne peut prendre un livre ou un stylo, uniquement parce qu'elle est une fille. Elles ne reçoivent aucune éducation", a-t-il fustigé.

    Khanwali Adil dénonce une autre forme d'oppression des femmes dans son pays, encore plus atroce. On paie avec des femmes pour régler ses comptes dans les affaires de vendetta.

    "En réponse au meurtre de mon frère, notre famille a demandé la sœur de deux ans de l'assassin, pour "expier ses péchés". Dans le même temps, on a donné ma sœur de 12 ans à une autre famille pour régler une affaire de vendetta", a-t-il raconté. Le jeune homme a expliqué que cette procédure s'appelait "nikah" et qu'elle était établie par la charia. "Nos mollahs et nos doyens n'ont rien à dire contre elle, ils savent tout et ils sont d'accord pour perpétuer cette tradition", a souligné M.Adil.

    Selon Khanwali Adil, il est très difficile pour lui de se mettre en grève car ses proches l'appellent et le menacent. "Ils disent que j'ai trahi le mystère de notre famille et ils me menacent de violences physiques", a-t-il avoué.

    "Je ne lâcherai pas. Je continuerai à protester jusqu'à ce que ma famille et le gouvernement reconnaissent que la femme est un individu et qu'elle a le droit à l'éducation et à choisir son mari. Si on me force à arrêter mon action, je me suiciderai", a-t-il martelé.

    En Afghanistan, un projet de loi sur l'élimination des violences faites aux femmes a été soumis au vote du parlement en 2009, mais n'a jamais été approuvé en raison de la virulente opposition de certains élus.

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    droits des femmes, Kaboul, Afghanistan
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