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Crise migratoire (789)
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Il y a encore quelques années, l'Afghanistan plaçait tous ses espoirs dans le contingent de l'Otan: le gouvernement aspirait à ce que l'alliance aide à rétablir la paix et la stabilité dans le pays, quant aux simples citoyens ils regardaient l'avenir avec optimisme.

Aujourd'hui, l'Afghan Ehsan Azizi, 24 ans, vit en Allemagne au titre de réfugié. Il apprend la langue et espère un jour obtenir la citoyenneté. Comme d'autres migrants, il a fait un long trajet avant de se présenter aux frontières de l'Etat allemand. L'Iran, la Turquie, la Serbie, ce ne sont que quelques étapes de son cheminement au goût de déception, sa "romance ratée avec l'Europe" ayant commencé bien avant qu'il ne quitte la terre de ses aïeux.

Traducteur auprès de l'alliance

Entre 2012 et 2014, Ehsan travaillait comme traducteur auprès de la mission de l'Otan en Afghanistan. Outre un salaire intéressant, son employeur lui avait promis de l'aider ainsi que les membres de sa famille à s'installer en Europe.

"Ma romance avec l'Europe avait bien commencé. Je travaillais comme traducteur auprès de la mission de l'Otan. A part cela, j'avais plusieurs autres projets: avec mes compagnons nous construisions des écoles et des routes dans différentes provinces. Mais lorsque l'alliance a quitté l'Afghanistan, je suis resté sans travail", confie Ehsan.

Ehsan Azizi et des soldats néerlandais.
Ehsan Azizi
Ehsan Azizi et des soldats néerlandais.

Le jeune homme a alors décidé de retourner dans sa province natale de Parwân, mais sa famille lui a réservé un accueil glacial.

"Mon père est un communiste fervent qui a fait ses études en Union soviétique. Il n'a pas pu vivre avec l'idée que son fils collaborait avec l'Otan", a-t-il expliqué.

Resté sans famille, ni travail, le jeune homme a décidé de quitter le pays pour l'Occident, mais il s'est avéré que les promesses d'aide en matière de départ n'étaient que vains mots.

"C'est la quête de stabilité qui m'a poussé à coopérer avec l'alliance. Et je n'étais pas le seul. Lorsque nous avons commencé à travailler avec l'Otan, ils nous parlaient sans cesse de la défense des droits de l'homme et qu'en cas de menace réelle pour notre vie ils nous aideraient à déménager en Europe", se souvient Ehsan.

Mais lorsque l'unité de l'Otan avec laquelle nous travaillions a été rappelée d'Afghanistan, le jeune homme a fait le tour des ambassades. "J'ai fourni des preuves attestant que j'avais travaillé comme traducteur pour des soldats néerlandais et hongrois du contingent de l'Otan. Eux, ils me demandaient une invitation, des garanties, etc ", relate-t-il.

Un chemin épineux

"Tout un système de trafic de réfugié est en place sur le trajet Afghanistan-Europe", explique Ehsan. Les trafiquants afghans l'ont d'abord remis aux pakistanais, ensuite il s'est retrouvé en Iran.

"Pour aller en Turquie depuis l'Iran, on a été caché (…) dans le réservoir d'essence d'un bus. En Turquie nous vivions dans des sous-sols tellement obscurs que nous perdions nos repères temporels et ne savions pas si c'était le jour ou la nuit", poursuit-il.

Ehsan Azizi accompagné d'un général américain.
Ehsan Azizi
Ehsan Azizi accompagné d'un général américain.

Après avoir passé près de six semaines en Turquie, il a été remis aux Bulgares. Bulgarie, Serbie, les pays se sont enchaînés avant qu'il n'arrive, toujours par le biais de passeurs, en Allemagne. Le trajet lui a coûté 8.000 dollars.

"Je suis triste car mon frère risque de connaitre le même destin que moi. Il a travaillé avec l'Otan pendant dix ans. On lui a promis une aide. Là, il vit dans un camp de migrants en Grèce", termine-t-il son récit.

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Allemagne, Iran, Serbie, Bulgarie, Turquie, Afghanistan, OTAN, réfugiés, crise migratoire, asile, traduction
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