Ecoutez Radio Sputnik
    Régime sans visa: l'UE cède face aux ultimatums de la Turquie

    Régime sans visa: l'UE cède face aux ultimatums de la Turquie

    © Photo. Pixabay
    International
    URL courte
    Crise migratoire (789)
    7562
    S'abonner

    La Commission européenne a annoncé mercredi qu'elle proposerait le 4 mai à la Turquie d'introduire fin juin le régime sans visas, si Ankara remplissait les conditions restantes, dont la cessation des discriminations à l'égard des ressortissants de Chypre, que la Turquie ne reconnait pas comme un Etat souverain.

    Selon le rapport de la Commission européenne sur la mise en œuvre de l'accord entre la Turquie et l'UE sur la lutte contre la migration, Ankara a besoin de plus de ressources pour assurer un retour continu de migrants illégaux en Turquie en provenance de Grèce et le déplacement des réfugiés syriens de la Turquie en Europe.

    Bien que la Commission n'ait pas précisé le nombre de points des 72 que la Turquie devait encore mettre en œuvre, quelques-uns d'entre eux ont été tout de même annoncés.

    Il s'agit notamment de la satisfaction plus active des demandes d'asile, de l'amélioration de l'accès au marché du travail pour tous les réfugiés, du resserrement des exigences en matière de visa pour les pays de migration dangereuse, de l'adoption de mesures visant la protection des droits et à mettre fin aux discriminations contre les citoyens de Chypre, membre de l'UE que la Turquie ne reconnaît pas comme un Etat souverain.

    Le plan préliminaire de renvoi de migrants clandestins en Turquie a été approuvé lors de la rencontre extraordinaire des dirigeants de l'Union européenne avec le premier ministre turc Ahmet Davutoglu, le 7 mars dernier. Mais la décision définitive a été prise le 18 mars lors du sommet Turquie-UE. La Turquie et l'UE ont commencé à échanger des migrants le 4 avril. Un tel délai a été imposé par la nécessité de préparer les services migratoires et policiers à cette procédure.

    Cependant, le 19 avril, le premier ministre turc Ahmet Davutoglu a déclaré qu'Ankara cesserait de remplir ses obligations envers l'Union européenne concernant les migrants clandestins si cette dernière ne levait pas les visas pour les Turcs.

    Début avril, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait pour sa part accusé l'Union européenne de ne pas avoir acquitté ses engagements dans le cadre de l'accord sur les migrants.

    Conformément à l'accord conclu le 18 mars, la Turquie s'engage à accueillir des migrants clandestins, arrivés en Europe, en échange de réfugiés légaux. De son côté, l'UE a promis à la Turquie un financement supplémentaire de trois milliards d'euros et la reprise des négociations pour l'adhésion du pays à l'Union européenne.

    Lors de la première étape, quelque 750 migrants ont été transportés à bord de deux ferries du port de Mytilène sur l'île de Lesbos (Grèce) vers la Turquie.

    Actuellement, Ankara s'apprête à envoyer en Europe 25.000 réfugiés syriens. Au total, les pays de l'UE accueilleront 72.000 migrants officiels.

    Dossier:
    Crise migratoire (789)

    Lire aussi:

    La Commission européenne propose un régime sans visas à l'Ukraine
    110 millions de plus: l'UE paie la Turquie pour endiguer les flux migratoires
    L'UE et la Turquie entament l'échange de réfugiés
    Réfugiés syriens abattus et expulsés par la Turquie: Berlin vérifie les informations
    La Turquie abat les réfugiés traversant la frontière syrienne
    Tags:
    réfugiés syriens, crise migratoire, migration, régime sans visas, Commission européenne, Union européenne (UE), Ahmet Davutoglu, Recep Tayyip Erdogan, Europe, Turquie
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik