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Le parti eurosceptique Alternative pour l'Allemagne (AfD) envisage d'insérer la notion d'incompatibilité de l'islam avec la constitution allemande dans son programme. Le parti AfD entend ainsi proposer l'interdiction des symboles musulmans sur le territoire allemand, y compris les minarets, les adhans (appelle à la prière) et les hidjabs. Cette déclaration du parti a attisé beaucoup de critiques.

"L'islam n'est pas compatible avec la constitution allemande"

Selon le vice-président du parti, l'islam n'est pas une religion comme le catholicisme, le protestantisme et l'orthodoxie.

"L'islam est une religion qui ne préconise pas de barrière entre la religion et la société. Si on regarde le Coran, la vie du prophète Mahomet et la charia, on y trouve des règles de vie d'Etat et de vie en société. Ce n'est pas l'objectif de la religion, et pourtant l'islam cherche à réglementer ces aspects de la vie. C'est pour cela que son existence dans le cadre d'une constitution démocratique est impossible", a expliqué M.Gauland.

D'après lui, les musulmans font néanmoins partie de l'Allemagne. "Je n'ai pas de problème avec ceux qui pratiquent l'islam dans leur vie privée. Mais il faut bien comprendre ce que demande l'islam officiel", fait remarquer le vice-président du parti eurosceptique. Il insiste sur le fait que les chefs des musulmans ne refusent pas la charia, ce qui signifie que pour eux, l'absence de scission entre l'Eglise et l'Etat est toujours actuelle. Cette idée n'est selon lui pas compatible avec la constitution allemande.

L'ancien vice-président d'AfD, Bernd Lucke, a qualifié l'idée selon laquelle l'islam ne serait pas compatible avec la constitution allemande d'"épouvantable". Selon M.Lucke, le Coran est apparu plus de 1.000 ans avant la constitution allemande et il ne faut pas attendre de lui qu'il corresponde à la constitution.

"C'est une argumentation curieuse. C'est vrai que l'islam est apparu il y a plus de 1.000 ans. Mais si je veux m'intégrer dans la société, je dois me poser la question de savoir si ce que j'enseigne aux autres n'entre pas en contradiction avec l'ordre public de l'Etat dans lequel je vis", a expliqué M.Gauland.

Séculariser l'Allemagne

Le vice-président d'AfD aurait préféré un système sécularisé à la française. Selon M.Gauland, une telle scission entre l'Eglise et l'Etat n'existe pas en Allemagne.

"Chez nous, l'Etat prélève les impôts religieux et puis les distribue aux Eglises. Il y a des éléments d'union (entre l'Eglise et l'Etat — ndlr), c'est vrai. Mais l'islam est politisé par définition. Khamenei l'a très bien expliqué: "Soit l'islam est politisé, soit il n'existe pas", ce qui montre tout la problématique.

La Russie, la Crimée et les députés allemands

Répondant à la question de savoir quelle était sa position à l'égard de la Russie, l'homme politique a fait remarquer que la Russie et l'Allemagne demeuraient unies par une histoire commune de succès et de lutte. "La Russie fait partie de la famille des peuples européens et c'est pour cela que mon attitude envers la Russie est la même qu'envers la France ou le Royaume-Uni. C'est avec tous ces membres que nous devons coopérer en premier lieu", a-t-il déclaré.

Commentant la visite officielle en Crimée du membre du parti AfD Marcus Pretzell et les critiques dont il a fait l'objet de la part des médias allemands, M.Gauland a déclaré qu'il ne comprenait pas pourquoi M.Pretzell ne devait pas y aller.

"Je ne comprends pas pourquoi Marcus Pretzell ne devait pas aller en Crimée. Je pense qu'il faut en finir avec ce problème une bonne fois et pour toutes. La Crimée a toujours été russe. Catherine II en a fait la conquête pour la Russie", a-t-il rappelé.

Dans le contexte de perte d'attractivité de l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne, qui pâtit de la crise migratoire et du scandale autour de la satire d'Erdogan, la popularité du parti Alternative pour l'Allemagne augmente. La cote de popularité de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) d'Allemagne de la chancelière Angela Merkel est tombée à 33%, soit son niveau le plus bas depuis 2011, selon le dernier sondage effectué par l'institut Infratest dimap. Le parti social-démocrate occupe la deuxième place du сlassement des partis les plus populaires allemands (21%), tandis que les eurosceptiques de l'"Alternative pour l'Allemagne" arrivent troisièmes (14%).

 

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Tags:
Actualités, International, Russie, Allemagne, France, Crimée, Alexander Gauland, Marcus Pretzell, Alternative pour l'Allemagne (AfD), islam, Constitution
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