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Crise migratoire (789)
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Les migrants continuent d’arriver en Europe par la mer. Leur traversée vers les îles grecques reste une aventure très dangereuse. Les petits bateaux sont surchargés: construits pour transporter seulement 20 personnes, ils prennent à bord 70 passagers. Dans cette situation, l’île de Lesbos représente un exemple frappant.

Dragoljub Simic, médecin serbe, qui parle de son travail humanitaire sur l'île de Lesbos, dans un entretien accordé à Sputnik, accuse la partie turque de faire partir les bateaux surchargés. Ces actions ne provoquent que de la colère chez lui. Selon le docteur, ceux qui admettent cela ne pensent qu'à l'argent.

Lui-même s'était retrouvé à Lesbos par hasard. Son fils, médecin lui aussi, qui devait partir pour cette île, n'a pas encore obtenu l'accréditation nécessaire. C'est pourquoi son père l'a remplacé pour aider les migrants. M.Simic explique qu'il a toujours voulu visiter Lesbos mais qu'il s'est retrouvé là dans cette situation difficile.

Le médecin souligne que tous ces gens, qui sont arrivés sur l'île, sont tout d'abord des patients qui ont besoin d'aide. Lors des deux premières semaines, le docteur accueillait jusqu'à 300 migrants quotidiennement. Il travaillait 12 heures par jour, et même plus. Les migrants qui arrivaient sur Lesbos avaient également besoin de nourriture et d'une aide vestimentaire.

Le docteur avait l'impression que cette arrivée en masse était spécialement organisée. Il estime que les migrants étaient influençable psychologiquement. Une nuit a été particulièrement difficile. M.Simic raconte qu'un petit navire de pêcheurs, qui transportait près de 300 migrants, a chaviré. Il pleuvait, il y avait du vent. 25 personnes ont péri.

L'histoire racontée par M.Simic est d'autant plus frappante que ce médecin a une grande expérience et qu'il a vu beaucoup de choses dans sa vie. Mais la situation sur Lesbos l'a profondément touché.

"Je connais ce qu'est la mort. Je me suis occupé de gens nécessitant une réanimation. Mais ce qui se passait à Lesbos était vraiment terrible, il y avait beaucoup d'enfants. Sur les 25 personnes qui se sont noyées, plus de 15 étaient des enfants, de 5 ou 6 ans, et même moins", déclare-t-il.

Les émotions partagées par M.Simic sont un témoignage triste de la crise migratoire. Des mois passent, mais rien ne change dans le destin de ces gens qui essayent à tout prix de quitter des régions dangereuses en quête de calme et de sécurité. Les chiffres, toujours élevés, en sont une preuve.

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Tags:
île, crise migratoire, bateau, migrants, réfugiés, Lesbos, Turquie, Grèce
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