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    Un porte-hélicoptères américain dans l'océan Indien

    Téhéran irrité par la présence militaire occidentale dans le Golfe

    © Flickr/ Official US Navy Page/SPC Mark Alvarez
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    Le golfe Persique continue à alimenter la chronique internationale. Une nouvelle déclaration ayant provoqué de vives réactions dans le monde a été faite par Téhéran qui a qualifié de "mal absolu" la présence de bâtiments de guerre US à proximité des eaux territoriales iraniennes.

    Intervenant lors d'une émission nocturne de la chaîne de télévision IRINN, le commandant des forces navales du Corps des gardiens de la révolution islamique, l'amiral Ali Fadavi, a déclaré que les Etats-Unis et leurs alliés dans le Golfe et ailleurs cherchaient à renforcer leur présence dans la région.

    "C'est la raison pour laquelle la situation militaire y est loin d'être calme. A l'heure actuelle, plus de 60 bâtiments de guerre — pour la plupart américains, français et britanniques — sont déployés dans le Golfe", a déclaré l'amiral, ajoutant que la présence militaire américaine dans cette région était un "mal absolu".

    "Le golfe Persique et le détroit d'Ormuz figurent parmi les régions stratégiques les plus importantes du monde. Ils sont particulièrement importants pour l'Iran qui possède la frontière maritime la plus longue de tous les Etats riverains. Il est aussi à noter que l'avenir du monde est étroitement lié au golfe Persique, car ce dernier constitue le centre des ressources énergétiques de la planète", a indiqué Ali Fadavi.

    Selon Mohammad Ali Mohtadi, maître de recherches à l'Institut d'études stratégiques sur le Proche-Orient (Téhéran), la montée des tensions entre les Etats-Unis et l'Iran dans le Golfe résulte de l'échec subi par Washington lors des négociations sur le programme nucléaire iranien. Les Etats-Unis ont besoin de prendre leur revanche sur l'Iran.

    "Au mépris de l'accord international sur le programme nucléaire iranien, les Etats-Unis violent ouvertement leurs engagements: les sanctions bancaires ne sont toujours pas levées. Alors que l'Iran honore ses engagements contractés dans le cadre de ce document, Washington utilise n'importe quel prétexte pour créer des problèmes. Ainsi, les banques iraniennes ne peuvent toujours pas effectuer des transactions internationales en dollars", a déclaré l'expert dans une interview à l'agence Sputnik.

    Selon lui, le gouvernement du président Rohani subit des pressions grandissantes de la part de la population iranienne qui l'accuse de "s'être laissé mener par le bout du nez".

    "Il ne fallait pas faire confiance aux Américains, car ils n'ont pas l'habitude de tenir leurs promesses", a indiqué l'expert, résumant les sentiments qui prévalent dans la société iranienne.

    Le deuxième facteur qui empêche la normalisation des relations entre les deux pays consiste dans la décision des Etats-Unis de geler deux milliards de dollars d'avoirs iraniens déposés dans une banque américaine et ce, au motif que l'Iran est responsable de l'explosion de la caserne d'un contingent de paix américain à Beyrouth en 1983 et qu'il devait donc payer ce montant à titre d'indemnisation des familles des victimes.

    "Cet attentat a été perpétré dans le cadre de l'occupation israélienne du Liban, et il était sans rapport avec l'Iran", a affirmé l'interlocuteur de l'agence.

    Ce dernier est persuadé que la présence des Etats-Unis dans le golfe Persique et le détroit d'Ormuz constituent une menace pour la sécurité nationale de l'Iran, car les Américains renforcent leurs bases navales à Bahreïn et procèdent à la modernisation de leurs centres militaires et logistiques au Qatar.

    "Pour l'Iran, la présence militaire des Etats-Unis dans cette région n'est pas une garantie de sécurité, mais — au contraire — un facteur d'inquiétude. Voici pourquoi la République islamique a parfaitement le droit de tenir des exercices navals avec ses alliés dans le golfe Persique. Les Etats-Unis s'y opposent, comme ils s'opposent au programme balistique iranien qui a fourni un nouveau prétexte à Washington pour discréditer l'Iran aux yeux de la communauté internationale", a conclu l'expert.

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    Tags:
    eaux territoriales, menaces, présence militaire, Ali Fadavi, Détroit d'Ormuz, Golfe persique, Qatar, Bahreïn, Iran, États-Unis
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