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    Liberté de la presse en Ukraine: journaliste = terroriste?

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    Alors que le métier des journalistes travaillant dans des zones sensibles reste difficile et dangereux, le site ukrainien Mirotvorets soutenu par le député ukrainien Anton Guerachtchenko, conseiller du ministre de l'Intérieur, les compare à des "terroristes accrédités". Une comparaison qui n’a pas manqué de semer le malaise.

    Sputnik a recueilli les propos d'une des journalistes faisant partie de la liste, à savoir d'Anne Nivat, politologue, journaliste et écrivaine française auteure de plusieurs livres, spécialisée depuis près de seize ans dans des zones sensibles, dont la Tchétchénie, l'Irak, l'Afghanistan etc., parfois même clandestinement.

    "Traiter ces journalistes — dont je fais partie — de "complices de terroristes" est une ineptie qui, pour moi, n'a aucun sens", a déclaré Mme Nivat dans une interview à Sputnik.

    Et d'ajouter: "En tant que reporter de guerre couvrant depuis près de 20 ans des zones de conflit (Balkans, Tchétchénie, Asie centrale, Irak, Syrie et Afghanistan) en toute indépendance, je continuerai à le faire y compris en Ukraine, cela va sans dire".

    Cette opinion de la journaliste est étayée par le Pacte onusien sur les droits civils et politiques, ou la Convention européenne des droits de l'Homme, selon laquelle les travailleurs des médias ne devraient pas être poursuivis pour l'exercice de leurs fonctions professionnelles.

    Un des points les plus problématiques est que la publication des noms des journalistes pourrait être lourde de conséquences, car leur sécurité est mise en question: c'est juste après la publication des données personnelles d'Oles Bouzina par le site Mirotvorets que le journaliste ukrainien avait été assassiné.

    Selon la porte-parole de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) pour la liberté des médias Dunja Mijatoviс, certains journalistes de la liste ont déjà commencé à recevoir des menaces.

    S'étant fixé pour objectif de lutter contre les "ennemis de l'Ukraine", le site ukrainien Mirotvorets ("le faiseur de paix" en ukrainien) a publié les données personnelles (numéro de téléphone, e-mail, nom du service de presse) de milliers de journalistes, dont une cinquantaine de Français et un millier d'occidentaux.

    Toutes sortes d'agences de presse sont concernées, de toutes nationalités: CNN, ABC, Al-Jazeera, AFP, Reuters, RT, ZDF, RTL, Europe 1.

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    Tags:
    journalisme, liberté de la presse, OSCE, Anne Nivat, Oles Bouzina, Ukraine
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