International
URL courte
29024
S'abonner

"Je crains que ceux qui diabolisent et dénigrent l'islam ne rendent que plus probable le fait que ce soient nos compatriotes qui devront finalement assumer ce combat, et pour cela nous paierons un grand prix, en dollars et en vies", avertit l'ex-chef de la CIA.

Presque 15 ans après les attentats du 11 septembre (une série d'attentats commis en 2001 ayant coûté la vie à près de 3.000 personnes, ndlr) et cinq ans après la neutralisation du principal architecte de ces attaques (Oussama ben Laden, ndlr), les Etats-Unis et le monde font face à la menace renaissante du terrorisme, estime l'ancien commandant de la Force internationale d'assistance et de sécurité en Afghanistan et ex-directeur de la CIA David Petraeus.

Lorsque les Etats du Proche-Orient se sont effondrés dans la guerre civile, les groupes extrémistes comme Daech ont profité de ce chaos pour envahir de grands territoires qu'ils ont utilisés pour se rallier des recrues, établir un pouvoir totalitaire sur les habitants des régions contrôlées et organiser des attentats dans le reste du monde, a-t-il écrit dans les pages du Washington Post.

"Pour cette raison, je suis de plus en plus préoccupé par les discours incendiaires d'hommes politiques, devenus beaucoup trop ordinaires aux Etats-Unis et à l'étranger, contre les musulmans et l'islam, y compris les propositions concernant une discrimination générale des gens sur la base de leurs appartenance religieuse", confie le militaire.

Mises à part les considérations d'ordre moral, ceux qui flirtent avec les discours de haine à l'égard des musulmans doivent comprendre qu'ils font le jeu d'Al-Qaïda et de l'Etat islamique, souligne-t-il. Les terroristes ont espéré provoquer un choc de civilisations en disant que les Etats-Unis étaient en guerre contre eux et leur religion. En proposant de limiter les droits des musulmans sans distinction, les hommes politiques occidentaux appuient la propagande des terroristes.

"Dans le même temps, de telles déclarations sapent notre capacité à combattre les extrémistes islamistes, en détournant de nous les alliés dont l'aide nous est nécessaire pour remporter ce combat, à savoir les musulmans", écrit M. Petraeus.

Il y a une bonne nouvelle: des centaines de milliers de musulmans luttent aujourd'hui contre les terroristes "qui veulent nous tuer jusqu'au dernier". Les soldats afghans combattent Daech et les talibans, les troupes du Golfe les houthis et Al-Qaïda dans la péninsule arabique, Arabes et Kurdes affrontent Daech en Irak et en Syrie.

Inévitablement, afin de nettoyer les territoires des réseaux terroristes puis de les maintenir sous contrôle, on aura besoin de troupes terrestres. La question est de savoir quelles forces doivent constituer la majorité de ces formations armées au Yémen, en Libye, en Somalie, en Afghanistan, en Irak, en Syrie, au Nigeria ou au Mali: les nôtres ou celles de nos partenaires locaux musulmans, s'interroge l'auteur.

"Je crains que ceux qui diabolisent et dénigrent l'islam ne rendent que plus probable le fait que ce soient nos compatriotes qui devront finalement assumer ce combat, et pour cela nous paierons un grand prix, en dollars et en vies", avertit David Petraeus.

Lire aussi:

Migrants: Trump prédit un deuxième 11 septembre aux Etats-Unis
Un trésorier de Daech éliminé en Afghanistan
Rapport sur l'attaque de l'hôpital de MSF à Kunduz: "une erreur", selon le Pentagone
Arabie saoudite: l'entreprise des ben Laden de retour dans les affaires
Tags:
islam, musulmans, terrorisme, Al-Qaïda, Etat islamique, David Petraeus, États-Unis
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via FacebookCommenter via Sputnik