Ecoutez Radio Sputnik
    Un magasin de tapis à Téhéran

    Les sociétés européennes plutôt réticentes à traiter avec l'Iran?

    © Flickr/ Ninara
    International
    URL courte
    8018
    S'abonner

    Les Etats-Unis et l'UE ont officiellement déclaré qu'ils ne s'opposeraient pas au commerce avec l'Iran. Pourquoi les Européens ne se précipitent-ils pas sur l'occasion? Avis de plusieurs experts.

    La reprise trop molle de la coopération entre l'Europe et l'Iran, qui n'est plus visé par les sanctions économiques depuis janvier dernier, pourrait s'expliquer par la méfiance des Européens à l'égard des Etats-Unis, a déclaré à Sputnik Philippe Béchade, analyste financier français et rédacteur de la lettre économique Pitbull.

    "Je crois surtout que c'est la peur des sanctions américaines. Je m'attends à tous les coups tordus de la part des Américains (…). Le problème, c'est que je ne sais même pas quelle est la liste des produits aujourd'hui autorisés, et je ne sais pas dans quelle mesure les banques ou les multinationales peuvent conclure des accords avec l'Iran. Sur les sites Internet, on lit de grandes généralités comme +le pays ne fait plus partie de la liste noire+, mais derrière… Le diable se niche dans les détails", a indiqué M.Béchade.

    "Nous ne bloquerons pas l'activité économique autorisée avec l'Iran et nous ne bloquerons pas les sociétés internationales ou les institutions financières engagées avec l'Iran, tant qu'elles respectent toutes les lois applicables", indique la déclaration conjointe signée par la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, les Etats-Unis et le Haut représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, qui a été publiée jeudi par le département d'Etat américain.

    Selon Zahra Azmoudeh-Giacomini, présidente de CosmopoliStan, l'unique agence française de conseil en communication d'influence spécialisée sur l'Iran, il s'agit d'une déclaration politique qui ne change pas grand-chose.

    "Entre-temps, il ne s'est rien passé outre ce qu'on sait déjà, au niveau des entreprises. Si cette annonce ne date que de maintenant, cela veut dire que c'est une décision politique. Je n'ai pas envie de commenter les décisions politiques. Au niveau de mes compétences, il ne s'est rien passé de plus", a-t-elle déclaré à Sputnik.

    D'ailleurs, Mme Azmoudeh-Giacomini a salué l'adoption de ce texte qui pourrait encourager les sociétés européennes à coopérer avec Téhéran.

    "Demain, des entreprises qui avaient un peu peur au niveau politique – les grandes entreprises – seront plus à l'aise, elles auront leur feu vert pour aller plus rapidement et plus efficacement en Iran", a-t-elle noté.

    L'Union européenne a décidé en janvier de lever ses sanctions économiques et financières contre l'Iran, juste après le feu vert de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à la mise en œuvre de l'accord nucléaire signé avec les grandes puissances en juillet 2015.

    Mais pour l'instant, dans leurs rapports avec les Iraniens, les entreprises européennes suivent, sans le savoir, le vieil adage russe: "Qui s'est brûlé avec du lait chaud souffle sur l'eau froide".

    Lire aussi:

    Le Congrès américain exige de nouvelles sanctions contre l’Iran
    Le Canada lève partiellement les sanctions contre l'Iran
    Premier contrat Russie-Iran depuis la levée des sanctions
    Le Japon lève à son tour les sanctions contre l'Iran
    Mise en oeuvre de l'accord nucléaire: l'UE a levé les sanctions contre l'Iran
    Tags:
    échanges commerciaux, commerce, sanctions, CosmopoliStan, Union européenne (UE), Zahra Azmoudeh-Giacomini, Philippe Béchade, Allemagne, France, Royaume-Uni, États-Unis, Iran
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik