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    Îles Spratleys en mer de Chine méridionale

    Des "Maldives chinoises" en mer de Chine méridionale?

    © AFP 2019 ROLEX DELA PENA / POOL
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    Situation en mer de Chine méridionale (80)
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    La Chine a l'intention de transformer plusieurs îles contestées en stations balnéaires à l'instar des Maldives. Ce serait une réponse de Pékin à une récente déclaration du G7.

    Plusieurs îles litigieuses de l'archipel Nansha (nom chinois des îles Spratleys) situé en mer de Chine méridionale hébergeront des stations balnéaires, rapportent les médias chinois.

    Bateaux de croisière, forfaits pour jeunes mariés, tourisme de pêche, plongée et planche à voile et d'autres attractions touristiques font partie du projet annoncé par Xiao Jie, maire de la nouvelle ville-préfecture chinoise de Sansha ("san" signifiant trois et "sha" étant une abréviation pour les îlots, bancs de sable et récifs de cette zone — Xisha (îles Paracels), Zhongsha et Nansha (îles Spratleys)), créée en 2012.

    Le maire ne précise pas si les "Maldives chinoises" accueilleront des touristes étrangers et quelles îles litigieuses sont concernées par ce projet.

    Cette annonce intervient au lendemain de l'adoption par les dirigeants du G7 d'une déclaration où ils expriment leur préoccupation face à la montée de tension en mers de Chine méridionale et orientale et appellent à régler les litiges territoriaux dans cette région par les moyens pacifiques, sans pour autant mentionner la Chine.

    D'ailleurs, on peut supposer que le document viserait Pékin, puisque les déclarations précédentes sur la situation inquiétante dans cette région dénonçaient la construction d'îles artificielles par la Chine et le développement d'infrastructures, avant tout militaires sur ces nouveaux territoires.

    Le projet des "Maldives chinoises" serait donc une réponse pacifique de Pékin à la déclaration assez dure du G7. Les autorités chinoises avaient déjà laissé entendre que le sommet du G7 n'avait rien à voir avec les litiges territoriaux en mer de Chine du Sud.

    Selon l’AFP, le caractère antichinois de la déclaration du G7 se manifeste aussi dans d'autres clauses de ce document consacrées notamment à la crise globale de la sidérurgie.

    Les dirigeants du Groupe des sept expriment leur préoccupation face aux "pratiques commerciales malhonnêtes". Selon eux, certains pays dont la Chine vendent de l'acier à des prix de "dumping" grâce à des subventions d'Etat. C'est un autre front de la "guerre de l'acier" opposant les Etats-Unis, l'UE et le Japon à la Chine.

    Le G7 appelle les pays qui contribuent à la surproduction et avant tout la Chine à régler ce problème, note l’AFP. Pékin rejette les accusations d'être la cause principale de la crise, en expliquant les problèmes du secteur par la chute de la demande à l'échelle mondiale.

    La partie de la déclaration consacrée à la cybersécurité contiendrait aussi des allusions antichinoises, a déclaré à Sputnik Alexandre Salitski, expert de l'Institut russe de l'économie mondiale et des relations internationales.

    Selon M.Salitski, les membres du G7 essaient d'accuser la Chine d'enfreindre les normes du droit intellectuel et d'exercer une influence négative sur la croissance économique mondiale.

    "Les accusations infondées contre la Chine concernant son attitude incorrecte à l'égard de la propriété intellectuelle ne datent pas d'aujourd'hui. Les Chinois ont eux-mêmes proposé plusieurs formats pour en discuter avec les Etats-Unis et l'Allemagne. Leur approche est très constructive en matière de propriété intellectuelle. On ne peut pas les accuser de ne pas respecter les règles actuelles. Mais les Chinois jugent nécessaire de réformer ces règles, parce que le monde évolue et tous les acteurs importants dont la Chine doivent contribuer à la création des règles", a noté M.Salitski.

    Selon lui, on peut facilement expliquer les reproches formulés par les pays occidentaux à l'égard de la Chine.

    "Il y a une explication assez simple. La crise de 2008-2009 a fait perdre à l'Occident son rôle de leader contribuant au développement d'autres pays et représentant pour ces pays un débouché suffisant. L'Occident a donc tendance à accuser d'autres pays d'entraver son développement (…). L'Occident fait une erreur en exprimant son attitude assez dédaigneuse à l'égard de Pékin à un si haut niveau, dans le cadre du G7", a estimé l'expert.

    "Cela me paraît incorrect, puisqu'on assiste de nouveau à une tentative de diviser le monde en blocs +civilisé+ et +non civilisé+. Nous ne pouvons pas le saluer au moment où la situation actuelle sur les marchés mondiaux est si instable. En 2015, nous avons fait face à une crise du commerce mondial. On n'en a jamais parlé dans les médias, mais le recul de 2,5% en est la preuve. Cette crise continue. Or la Chine encourage la croissance économique d'autres pays grâce à sa croissance intérieure et à ses achats, y compris de matières premières, à l'étranger. Il serait donc erroné de qualifier la Chine d'acteur non constructif. Beaucoup de pays placent leurs espérances dans la Chine", a conclu M.Salitski.

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    litiges territoriaux, tourisme, déclaration, G7, îles Spratleys, Maldives, Mer de Chine méridionale, Chine
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