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    La construction du gazoduc Nord Stream

    Berlin soutient le projet Nord Stream, à trois conditions

    © Sputnik. Igor Zarembo
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    La position de l'Allemagne sur le projet de gazoduc Nord Stream 2 n’est pas catégorique. Au contraire, les autorités allemandes soutiennent le projet, mais leur appui ne vient pas non plus sans réserves.

    L’Allemagne soutiendra le projet de gazoduc Nord Stream 2, qui passera au fond de la mer Baltique, mais à cet effet elle impose trois conditions clés, annonce l’agence Bloomberg citant une déclaration de Sigmar Gabriel, vice-chancelier et ministre allemand de l'Economie et de l'Energie.

    Primo, le projet doit se conformer à d'autres règles existantes au sein de l'UE, secundo, il ne doit pas empêcher les livraisons de gaz vers l’Europe de l’Est, et tertio, le gazoduc ne doit avoir aucun impact négatif sur le transit de gaz à travers l’Ukraine, une condition qui ne manque pas d’ambiguïté.

    Aujourd'hui, lors d'une réunion à Berlin, les représentants de l'Allemagne et de la Commission européenne discutent des questions concernant les gazoducs du système Nord Stream. Ce sont M. Gabriel lui-même et le commissaire européen pour le climat Miguel Arias Cañete qui participent à la discussion.

    Le ministre allemand a noté que la Commission désirait clarifier un certain nombre de questions.

    "Nous avons une position juridique claire, et je suis sûr que la Commission la soutient. D’après cette position, le gazoduc n’est pas soumis à la législation du marché intérieur de l'UE", explique le ministre allemand.

    En parlant de Nord Stream 2, M. Gabriel a souligné que le "troisième paquet énergie" de l'UE (document interdisant à une seule et même entreprise de concentrer les activités de production et de transport d'énergie, ndlr) n’avait rien à voir avec ce projet. Il a ajouté également que l’Allemagne devait considérer le projet de gazoduc du point de vue commercial.

    Ainsi M. Gabriel, de facto, a souscrit à la position officielle de la Russie sur cette question. Auparavant, les juristes de la société gazière russe Gazprom et de l’opérateur du projet Nord Stream 2 ont conclu que la partie maritime du futur gazoduc, qui doit passer au fond de la mer Baltique, n'était pas soumise au troisième paquet énergie.

    Plus tôt, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avait affirmé que le projet de construction du gazoduc Nord Stream 2 était purement commercial et que les tentatives de le bloquer revêtaient un caractère politique.

    Le chef de Gazprom, Alexeï Miller, a déjà déclaré pour sa part que le projet Nord Stream 2 serait d'une grande importance pour l'ensemble du continent européen.

    Selon lui, la demande en gaz importé en Europe va croissante, et d’ici à 2025 elle atteindra 100 milliards de mètres cubes.

    Le projet Nord Stream 2 prévoit la construction de deux conduites de gazoduc d’une capacité de 55 milliards de mètres cube de gaz par an reliant le littoral russe à l’Allemagne via la mer Baltique. Les deux pipelines doivent être mis en service d'ici 2019, date d'expiration de l'accord russo-ukrainien sur le transit de gaz vers l'Europe.


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    relations diplomatiques, accord, gazoduc, gaz, Nord Stream 2, Gazprom, Commission européenne, Union européenne (UE), Sigmar Gabriel, Alexeï Miller, Ukraine, Europe, Russie, Allemagne
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