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Les femmes sont plus aptes que les hommes à tisser des liens entre les membres de Daech, ce qui renforce la vitalité du groupe terroriste.

Une analyse de la propagande de Daech sur le réseau social russe VKontakte a montré que les femmes jouaient un rôle clé dans la diffusion des idées de ce groupe terroriste et dans la coordination de ses activités, rapporte un article publié dans le magazine Science Advances.

"On a aujourd'hui coutume de penser que le rôle des femmes dans la société et au sein de différents groupes diminue au fur et à mesure que le milieu qui les entoure se fait plus dangereux et plus agressif. L'analyse des activités offline et online de Daech atteste que malgré la domination exercée par les hommes, les femmes créent des réseaux et des liens plus solides entre les membres du groupe, ce qui aide ce dernier à survivre", écrivent Neil Johnson, de l'université de Miami (Etats-Unis), et ses collègues.

L'équipe de Johnson a établi que la vitalité surprenante des idées extrémistes de Daech tant sur le Web que dans la vie réelle tenait au fait que ses membres faisaient largement appel aux femmes dans la propagande de ces idées.

Les chercheurs sont arrivés à deux conclusions concernant la façon dont Daech propage ses idées sur les réseaux sociaux et parvient à recruter de nouveaux membres.

La première conclusion porte sur l'espace où la propagande de Daech est particulièrement efficace: il se trouve que les partisans du "califat" ne sont pas actifs sur les réseaux sociaux américains, mais sur les "clones" étrangers de Facebook où ils peuvent former des "communautés d'utilisateurs".

Les chercheurs attirent l'attention sur le fait que ces communautés sont très nombreuses sur VKontakte. A la différence des administrateurs de Facebook, qui éliminent régulièrement tout contenu extrémiste, les administrateurs du réseau social russe et d'autres réseaux non anglophones procèdent à ces "nettoyages" de façon sporadique. De ce fait, les scènes d'exécution et autres messages de 
Daech restent longtemps en ligne.

La seconde conclusion concerne les individus impliqués dans la diffusion de ces "messages" et l'établissement des contacts entre les membres du groupe terroriste et leurs sympathisants sur les réseaux sociaux. A la grande surprise des experts, ces individus sont principalement des femmes. Il s'est avéré que ces dernières jouaient un rôle clé dans la promotion de la propagande de Daech, la recherche des sympathisants et la reconstitution des liens entre les membres d'une "communauté" en cas de sa fermeture.

Il se peut que ce succès des femmes soit lié au fait que ces dernières cherchent — sciemment ou pas — à ne pas se faire remarquer, donc à ne pas attirer l'attention des administrateurs de VKontakte et d'autres réseaux sociaux. Les femmes sont en outre plus disposées à coopérer qu'à rivaliser avec leurs "concurrents" dans la propagande des idées de Daech. Bref, plus le nombre de femmes dans une communauté est élevé, plus longtemps cette dernière demeure active avant sa fermeture.

Les chercheurs ne savent pour le moment pas pourquoi malgré la condition humiliante des femmes au sein de Daech celles-ci jouent un rôle fondamental dans la propagation des idées de ce groupe terroriste. Neil Johnson et ses collègues estiment cependant que cette particularité doit être prise en compte par les spécialistes chargés de concevoir des méthodes de lutte contre le terrorisme.

Dossier:
L'Etat islamique (2014) (1131)

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Tags:
femmes, extrémisme, propagande, Vkontakte, Etat islamique, Neil Johnson, Miami, États-Unis
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