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    Mariano Rajoy  lors des législatives de dimanche 26 juin

    En Espagne, des élections législatives sans favori

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    Fatigués de voter, les Espagnols retournent dimanche aux urnes pour élire un nouveau parlement, espérant que ce scrutin permettra à une majorité de se dégager pour former un gouvernement, ce que le précédent scrutin de décembre dernier n'a pas permis.

    Six mois après des législatives qui ont mis fin au bipartisme en Espagne, les électeurs retrouvent ce dimanche 26 juin les urnes, mais les rapports de force n'ont guère changé, constatent les médias internationaux. 

    Les observateurs se demandent si les Espagnols sont fatigués de voter ou s’ils sont déçus, alors que l’image que donnent les médias sur l’absence de gouvernement a peut-être démobilisé une partie de l’électorat. 

    Beaucoup craignent en effet que les législatives de ce dimanche n’apportent pas une plus grande clarté, et quel que soit le scénario, la formation d’une coalition stable au pouvoir sera très difficile, au point même qu’on évoque déjà l’hypothèse d’un troisième scrutin législatif d’ici décembre. 

    Bref, la plupart des analystes estiment qu'un troisième scrutin législatif est à envisager d'ici fin 2016, ce qui supposerait une vacance du pouvoir pendant une année complète. Une perspective peu réjouissante pour un pays de moins en moins présent sur la scène internationale, où des lois cruciales sur les retraites, la santé ou l'éducation se font attendre et à qui Bruxelles exige une coupe de 5 milliards d'euros dans ses dépenses publiques. 

    Depuis 2011, les conservateurs ont adopté une réforme ultra-libérale du Code du travail et imposé au pays la cure d'austérité draconienne que souhaitait la Commission européenne, réduisant les aides aux plus démunis. La croissance a atteint 3,2 % du PIB en 2015. Mais s'il a bien baissé, le chômage reste à 21 %. Les inégalités se sont creusées et 22 % des Espagnols sont menacés par la pauvreté. 

    Les élections législatives de décembre dernier avaient débouché sur un parlement morcelé et n'avaient pas permis d'aboutir à la formation d'un gouvernement. 

    Aujourd'hui encore, les représentants des différents partis s'accusent mutuellement de cet échec. Selon le chef du gouvernement sortant, Mariano Rajoy, le Parti populaire (PP, droite) aurait pu gouverner si le Parti socialiste (PSOE) ne l'en avait pas empêché. Le PSOE et le parti centriste libéral Cuidadanos affirment que ces nouvelles élections n'auraient pas été nécessaires si le PP et le parti de la gauche radicale Podemos ne s'étaient pas opposés à l'accord passé entre les deux, qui leur permettait de rassembler le plus grand nombre de représentants. 

    Le blocage politique entraîné par cette incapacité des partis à former un gouvernement après ce premier scrutin a obligé le roi Felipe VI à convoquer de nouvelles élections ce dimanche, les Espagnols se déclarant très insatisfaits de la situation politique du pays. 

    Rien n'indique toutefois que les élections d'aujourd'hui permettront d'éclaircir la situation. Mariano Rajoy se trouve toujours confronté aux trois autres partis présents en décembre. L'actuel chef du gouvernement affrontera le socialiste Pedro Sanchez, le centriste libéral de Cuidadanos Albert Rivera, et le représentant de Podemos, Pablo Iglesias. 

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    Tags:
    bureaux de vote, gouvernement, suffrages, coalition, Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), Parti populaire d'Espagne (PP), Podemos, Albert Rivera, Felipe VI, Pedro Sanchez, Pablo Iglesias, Mariano Rajoy, Espagne
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