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A l'âge de 12 ans, Ali Abbas a perdu ses 16 proches et ses deux mains dans une frappe aérienne menée par les États-Unis. Et voilà qu'un policier indélicat lui rappelle la triste réalité.

Ali Abbas est devenu, à seulement 12 ans, un symbole de toutes les victimes de la guerre en Irak. Il a aujourd'hui 25 ans, mène une vie normale et vit au Royaume-Uni en tant que citoyen britannique. Or, il avoue que son droit de s'y retrouver a été mis en cause par un agent de sécurité à la frontière lorsqu'Ali revenait d'un voyage en Belgique.

"Pourquoi ne retournes-tu pas chez toi?", lui a demandé l'agent de sécurité, peut-être de manière moins délicate.

Revenir dans un pays où l'on a perdu sa mère, son père, son frère cadet et 13 autres membres de sa famille? Trop de pertes pour une seule personne, mais c'est ce qui s'est passé en réalité. Les deux mains de l'enfant ont été amputées, 60% de son corps a été couvert de blessures…

Mais grâce à l'argent donné par des Britanniques, il a été pris en charge et soigné en Angleterre. L'instabilité régnant toujours dans son pays, il a obtenu la citoyenneté britannique en 2010.

Et puis, cet homme à la frontière. Il a pris les passeports d'Ali et de son ami, de retour de Belgique, et a demandé:

"Pourquoi ne retournes-tu pas dans ton pays natal? Pourquoi vis-tu ici?"

L'agent n'a pas pu ignorer ses mains amputées, une blessure de guerre et en même temps ce qui lui a permis de s'installer en Grande-Bretagne.

"J'étais offensé, choqué", confie Ali à The Independent.

Mais l'agent de sécurité est probablement l'unique personne à l'avoir traité ainsi. Les Britanniques ont été dans l'ensemble très solidaires et gentils à son égard, avoue-t-il.

Pour lui, il est toujours difficile d'oublier les événements sanglants qui ont eu lieu sur le sol irakien pendant son enfance. Mais les combats se poursuivent. Maintenant, son demi-frère cadet se bat contre Daech au sein de l'armée irakienne.

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Tags:
morts, frappe aérienne, victimes, guerre, Royaume-Uni, Irak
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