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    Femmes violées, image d'illustation

    JeN'aiPasPeurDeParler: elle dévoile son histoire et aide des milliers de femmes violées

    © Photo. Warren Goldswain
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    Une activiste ukrainienne a lancé la campagne JeN'aiPasPeurDeParler pour donner finalement la parole aux femmes qui, tout comme elle, ont été violées ou agressées. Elle raconte son histoire et déclenche des vagues de confidences d’internautes. Des histoires troublantes de femmes qui osent parler pour la première fois grâce à cette initiative.

    "Je veux que nous, les femmes, parlions. Que nous parlions du viol que la plupart de nous avons vécu. Je ne veux pas qu'on se justifie: +j'étais habillée en jogging, en plein jour mais, malgré ça, j'ai été attrapée+. Car nous ne devons pas nous justifier. Nous ne sommes pas coupables, c'est le violeur qui est TOUJOURS coupable. Je n'ai pas peur de parler. Je ne me sens pas coupable".

     

     

     

    C'est par ces paroles que l'activiste a commencé à raconter l'histoire de sa propre vie avec le hashtag ‪#‎яНеБоюсьСказати‬ / ‪#‎яНеБоюсьСказать (JeN'aiPasPeurDeParler en ukrainien et en russe) provoquant une avalanche de confidences similaires de femmes qui ont pu finalement partager leurs histoires longtemps cachées.

    Certaines femmes ont été violées toutes jeunes et portent cette douleur en elles toute leur vie, d'autres ont échappé à un viol grâce à un hasard ou à des gens qui sont venus à leur secours. Toutes ces histoires sont horribles et les internautes ukrainophones et russophones, dont des stars, ont pris le relais:

    Natalie

    "Cinq histoires de ma vie au sujet du hashtag quand j'avais de 7 à 22 ans. Dans certaines, j’en me suis tirée de justesse, dans une j'ai eu plus de peur que de mal et dans d'autres vraiment mal…

    Eh oui, ce ne sont pas du tout des obsédés sexuels mais ceux qui nous entourent chaque jour, ceux que nous connaissons parfaitement".

    Lyalya

    "Eh bien ‪#‎JeN'aiPasPeurDeParler – ce n'est pas vrai, car j'ai peur. J’avais 15 ans à peine mais je paraissais plus âgée, je n’avais puisé mais connaissances sur le sexe que de la littérature classique et je ne m'y intéressais pas du tout. J'ai été violée par un jeune homme que je connaissais, il avait 19 ans et avions eu une romance adolescente faite de bisous. Pourtant, j'ai remarqué qu'il se comportait étrangement et j'ai osé le lui dire. Depuis, je sais beaucoup de choses: on n'arrive pas à crier car quelque chose se passe au niveau de la gore, on n'arrive juste pas à pousser un son, il est facile de serrer une femme afin qu'elle ne puisse plus bouger, cela est même assez aisé pour un homme qui est physiquement faible. Qu'on peut tomber enceinte dès la première fois. Que la pilule du lendemain ne marche pas parfois et ravage tout à l'intérieur. Que personne ne va y croire, y compris ma mère (mais… nous pensions que tu avais pris du poids). Et que, selon les statistiques, je suis comme une femme sur trois…". 

    Les hommes ont été très nombreux à réagir en disant que cette initiative leur avait ouvert les yeux. D'autres ont vu un autre regard sur leur propre comportement (comme ils le voient maintenant) agressif et ça les a choqués.

    Yuriy Shishkovsky

    "J'ai lu et j'ai eu peur: je n'ai jamais pensé à quel point ce problème était important. Bravo aux filles qui ont osé parler. Les ténèbres ont peur de la lumière, il est nécessaire d'en parler, bien que ce soit épouvantable".

    Nous n'allons pas traduire beaucoup d'histoires: difficile de choisir la plus frappante, car ce n'est pas ça la question. Elles sont trop personnelles. Pourtant, elles remplissent les statistiques déjà bien connues d'histoires vécues et concernent plusieurs généralisations.

    Difficile à identifier un agresseur potentiel

    Un agresseur peut être un passant, une connaissance, un ami, un ami des parents, un prof et même un proche… Et le viol peut avoir lieu grâce à des manipulations, des menaces et une demande trop insistante quand on a peur de dire non.

    L'incompréhension de certains parents

    Nombreuses sont celles qui n'en parlent jamais à leurs parents. Mais il y a aussi celles qui rencontrent la mauvaise fois, l'incompréhension ou même la culpabilisation (c'est toi qui en es coupable, toi qui te baladais trop tard).

    Sans défense

    Même des victimes adultes sont paralysées par la peur et ne savent pas comment réagir ou tout simplement sont tellement effrayées qu'elles n'arrivent pas à emmètre un son. On n'a jamais assez d'expérience pour ne pas être une victime potentielle.

    L'incompréhension

    D'après les témoignages publiés par les hommes, il s'avère qu'ils ne se rendaient pas compte des agressions sexuelles de leur part avant l'initiative. Ils ne comprenaient pas que ce qui était perçu comme de la drague aurait pu laisser une énorme trace dans la vie d'une femme.

    Le viol ne connait pas de sexe

    Eh oui, des hommes eux aussi ont été violés et ont dévoilé leurs histoires dans le cadre de cette initiative. Même plus que les femmes, ils ont peur d'en parler car la notion de viol dont la victime est un homme est tue dans la société.

    La honte

    Les victimes ont honte de parler de viol. Elles ont tendance à se culpabiliser, à penser qu'il fallait revenir en arrière, ne pas porter une jupe, ne pas se balader toute seule avec un garçon bien qu’il soit familier… Même celles qui osent en parler ont tendance à se justifier: j'avais une tenue de tous les jours, je n'étais pas maquillée, je me baladais en plein jour et pourtant…

    Selon l'ONU, 35 % des femmes dans le monde ont été victimes de violences physiques et/ou sexuelles de la part d'un partenaire intime ou de violences sexuelles de la part d'une autre personne à un moment donné dans leur vie.

    Tags:
    témoignage, viol, agressions sexuelles, agression, abus sexuel, violences, ONU, Russie, Ukraine
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