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    Le coureur sud-soudanais Guor Marial

    Le chemin ardu de cet ancien esclave qui courra le marathon olympique de Rio

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    Le coureur sud-soudanais Guor Marial ne serait pas le favori au marathon qui se tiendra le 21 août, mais le chemin vers Rio de l'ancien esclave est l'une des histoires les plus étonnantes des JO. Adolescent, il a dû courir pour sauver sa vie pendant la longue guerre civile au Soudan, a été enlevé deux fois et s'est retrouvé dans la servitude.

    Quand il a fui le Soudan, il n'a jamais voulu courir à nouveau à cause des traumatismes, mais après son arrivée aux Etats-Unis en tant que réfugié son talent a été rapidement repéré, rapporte Thomson Reuters Foundation.

    Ce mois-ci, Marial a marqué l'histoire lorsqu'il est devenu le porte-drapeau de la première équipe olympique du Soudan du Sud, menant ses compatriotes Margret Hassan et Santino Kenyi dans le stade Maracana de Rio lors de la cérémonie d'ouverture.

    ​Rio est les deuxièmes Jeux olympiques de Marial, mais les premiers dans lesquels il peut porter les couleurs nationales sud-soudanaises.

    A Londres, il y a quatre ans, il a dû se présenter en tant qu'athlète indépendant sous le drapeau olympique parce que le Sud-Soudan, qui n'avait gagné l'indépendance que l'année précédente, n'a pas pu envoyer une équipe.

    "Porter le maillot du Sud-Soudan sur la ligne de départ serait incroyable. Beaucoup de gens ont perdu leur vie pour la liberté du pays que nous avons maintenant. Voilà pourquoi je cours et c'est la raison pour laquelle je veux aller représenter le drapeau", a indiqué Marial dans un entretien à la BBC.

    Esclavage et liberté

    Le Sud-Soudan s'est séparé du Soudan en 2011 suite à l'accord de paix de 2005 qui a mis un terme à plus de deux décennies de conflit entre le gouvernement de Khartoum et les rebelles du sud.

    Adolescent, Marial a été forcé de courir pour sauver sa vie durant la longue guerre civile au Soudan où il a perdu 28 membres de sa famille, a été enlevé à deux reprises et s'est retrouvé dans la servitude.

    Le marathonien, âgé de 32 ans, est né dans un village dans le sud au début de la guerre. Quand il était petit garçon, ses parents l'ont envoyé vivre avec un oncle à Khartoum parce que c'était plus sûr. Mais il a fallu trois ans pour y arriver. Un jour, il a été enlevé et forcé à être esclave pour la famille d'un soldat soudanais.

    Marial a finalement fui le Soudan en 1999. Il s'est échappé d'abord en Egypte avant de se déplacer aux Etats-Unis en 2001 quand il n'avait que 16 ans.

    Dans le cadre des préparatifs à Londres, le CIO lui a proposé de courir pour le Soudan mais il a refusé affirmant que ce serait une trahison de son pays, de sa famille et de tous ceux qui avaient combattu pour l'indépendance.

    Chemin difficile vers Rio

    Dans le marathon d'Ottawa en mai, Marial a raté le temps de qualification pour Rio. Il a essayé à nouveau de se qualifier au marathon australien Gold Coast début juillet mais s'est effondré avant la ligne d'arrivée.

    Ses rêves olympiques semblaient s'envoler, quand les dirigeants mondiaux de l'athlétisme sont intervenus à la dernière minute pour lui assurer une place dans la course de dimanche prochain.

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    servitude, esclavage, réfugiés, JO 2016 de Rio de Janeiro, Rio de Janeiro, Soudan, Soudan du Sud
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