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    Un supporter tenant le drapeau russe lors des Jeux olympiques

    Dopage en Russie: un juriste américain torpille le rapport McLaren

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    Les Russes exclus des Jeux paralympiques de Rio (50)
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    Le rapport dit McLaren, commandé par l'Agence mondiale antidopage (AMA) et accusant la Russie d'avoir mis en place un "système de dopage d'Etat" dans le sport, ne résiste pas à la critique juridique, estime le juriste du sport Ron Katz, riche de 45 ans d'expérience.

    Formellement appelé rapport indépendant, le rapport McLaren a été conçu sans tenir compte de la procédure obligatoire aux yeux de la justice américaine, indique Ron Katz dans sa tribune pour le magazine Forbes.

    Premièrement, la procédure de règlement de tout conflit exige la neutralité, mais dans le rapport sur le "système de dopage" dans le sport russe figure son auteur, le professeur canadien de droit et juriste Richard McLaren, chargé de présider la commission d'enquête à titre de "personnalité indépendante".

    Ceci étant dit, le rapport mentionne que McLaren avait été par le passé membre de la Commission indépendante de l'AMA qui avait publié un rapport sur le dopage dans le sport russe.

    "Il n'est pas étonnant que le professeur McLaren soit au bout du compte parvenu à un accord avec lui-même", souligne Ron Katz.

    Selon le juriste, "la personnalité indépendante" chargée du rapport aurait dû être une personne non liée au thème du dopage, ce qui aurait pu assurer la fiabilité de l'enquête.

    Un autre moyen d'assurer la transparence du rapport est de garantir à l'accusé le droit de rencontrer le témoin de l'accusation. Or, le rapport cite les personnes qui ont accepté de témoigner à titre confidentiel.

    "Bien sûr, la Russie ne peut pas se protéger contre une accusation anonyme", souligne l'expert.

    Le professeur McLaren estime en outre que le principal accusateur de la Russie (Grigori Rodchenkov, ndlr) est digne de confiance. Or, M. Katz n'exclut pas que ce dernier ne poursuive ses propres intérêts.

    Seul un contre-interrogatoire aurait pu faire la lumière sur ces intérêts. Or, ni la Russie, ni personne d'autre n'a eu l'occasion de le mener. Tout ce que l'on sait sur lui, c'est qu'il participait aux fraudes, mais ce fait ne peut pas garantir que ce qu'il dit soit vrai", dit M. Katz.

    En outre, "la personnalité indépendante" n'a pas cherché à rencontrer les Russes, y compris des responsables, ce qui contredit là encore l'exigence procédurale qu'est la nécessité de prendre en compte toutes les informations possibles.

    Ainsi réunis, tous ces faits torpillent la confiance dans ce rapport, conclut l'expert.

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    accusations, dopage, preuves, rapport, JO 2016 de Rio de Janeiro, Jeux paralympiques 2016 de Rio de Janeiro, Agence mondiale antidopage (AMA), Richard McLaren, États-Unis, Russie
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