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    Est-ce aux Polonais de payer le prix du Brexit?

    Les Polonais, boucs émissaires de la campagne du Brexit ?

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    Un meeting d’urgence entre ministres polonais et britanniques a été organisé lundi autour de la question de la sécurité des Polonais en Grande-Bretagne suite à la mort d’Arkadiusz Jozwik. Et hier, alors que les polices des deux pays s’entretenaient autour de l’affaire, le président polonais Andrzej Duda en a appelé à l’Eglise anglicane…

    Ils sont quelque 800 000 à avoir immigré outre-Manche depuis l'adhésion de la Pologne à l'UE. Aujourd'hui, les Polonais ne se sentent plus en sécurité dans ce pays où leur langue est la plus parlée après l'anglais. Après le vote sur la sortie du Royaume-Uni de l'UE, les cas de maltraitance et d'agression se sont multipliés dans le pays. Parmi les cas recensés récemment, citons la mort d'Arkadiusz Jozwik, un ouvrier polonais mortellement blessé le 27 août lors d'une attaque qualifiée par la police d' "acte de haine". Deux autres ressortissants polonais ont été grièvement blessés dans la nuit du samedi 3 au dimanche 4 septembre à Harlow lors d'une bagarre devant un pub. Le verdict de la police est le même: « potentiellement », les faits peuvent être considérés comme "un acte xénophobe". Dans une interview à Sputnik George Byczynski, militant, coordinateur des initiatives anglo-polonaises et l'un des initiateurs de la manifestation en mémoire d'Arkadiusz Jozwik à Harlow, indique qu'on peut trouver plusieurs raisons à cette haine.

    "Je mentionnerais parmi les problèmes essentiels, le manque d'instruction des jeunes ainsi que le comportement des politiciens. Au lieu d'examiner de manière globale le problème des migrations, certains hommes politiques choisissent un groupe pour l'accuser de tous les maux".

    Selon le militant, l'atmosphère dans la communauté polonaise est actuellement compliquée… Les Polonais sont une cible facile, ils ne savent pas se défendre. Et les autorités britanniques ne prêtent pas attention aux attaques contre eux, déplore-t-il. Une délégation de ministres polonais s'est rendue à cette occasion au Royaume-Uni. Lors de leur rencontre avec leurs homologues britanniques, les ministres polonais des Affaires étrangères et de l'Intérieur ont appelé à veiller à ce que les Polonais ne servent pas d'arme dans la campagne du Brexit dont ils seraient victimes. "Nous avons rappelé aux représentants du gouvernement britannique que les migrants polonais s'assimilent très bien et méritent d'être respectés", a signalé le ministre des Affaires étrangères Waszczykowski, indiquant que le problème a surgi après le référendum sur le Brexit. George Byczynski relate que plusieurs Polonais sont en désarroi. Ils ne savent pas si ces attaques auront une suite ou s'il s'agit d'une situation normale. Et il y a encore un problème, poursuit l'interlocuteur:

    "Beaucoup de gens ne savent pas quel sera leur statut après la sortie définitive du Royaume-Uni de l'UE. Nous exhortons les politiques à régler le problème des migrants polonais qui apportent leur contribution à l'économie britannique. Nous désirons que des mesures concrètes soient prises. Ceux qui arrivent au Royaume-Uni souhaitent vivre et travailler tranquillement conformément aux lois locales".

    Pour le député de la Loire et membre du groupe d'amitié franco-polonaise François Rochebloine, c'est le fameux "plombier polonais" qui continue de déranger les Britanniques.

    "Je crois que l'UE doit prendre un certain nombre de décisions. Ce n'est pas aux pauvres Polonais de payer le prix du Brexit, ni le choix des Anglais", résume le parlementaire.

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    Tags:
    brexit, xénophobie, agression, Union européenne (UE), Boris Johnson, Andrzej Duda, Royaume-Uni, Pologne, France
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