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Situation en Turquie après le putsch raté (43)
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Préoccupée par les mesures entreprises par les autorités turques à la suite du coup d’État avorté, des arrestations et des licenciements de masse, la communauté internationale pourrait frapper Ankara de sanctions.

Une délégation spéciale conduite par le commissaire du Conseil de l'Europe en charge des droits de l'homme sera prochainement envoyée en Turquie afin d'examiner la situation dans le pays, a annoncé dans un entretien à Sputnik Idris Baluken, président du groupe parlementaire du parti démocratique des Peuples.

L'homme politique s'était récemment rendu à Strasbourg pour visiter le Conseil de l'Europe et le Parlement européen a expliqué que ses contacts avec les députés européens s'étaient agencés autour de deux axes : les perspectives de la reprise du processus de règlement de la question kurde et la situation autour de la violation des droits et des libertés des citoyens turcs.

« Les licenciements en masse de professeurs, de juges (…), l'arrestation des journalistes dans le cadre du régime de situation d'urgence et les opérations visant les partisans de Gülen suscitent une préoccupation si profonde en Occident que la communauté internationale a commencé à examiner la possibilité de sanctions contre la Turquie », a indiqué l'interlocuteur de l'agence.

« Lors des contacts tenus au Conseil de l'Europe et au Parlement européen, nous avons appris qu'une délégation spéciale conduite par le commissaire du Conseil de l'Europe en charge des droits de l'homme sera prochainement envoyée en Turquie pour examiner dans les détails la situation relative à la violation des droits et des libertés dans ce pays », a-t-il encore ajouté.

La délégation envisage d'examiner tous les décrets et arrêtés émis par les autorités turques depuis l'entrée en vigueur de la situation d'urgence afin d'établir s'ils sont conformes aux normes légales. Dans le cas où les parlementaires européens révéleraient des dérogations, ils chercheront à obtenir l'annulation des arrêtés en question.

La Turquie est membre du Conseil de l'Europe et, par conséquent, doit se plier aux principes et aux obligations de cette institution. Or, la violation des normes du Conseil de l'Europe peut entraîner des sanctions.

Un groupe de militaires a entrepris le 15 juillet une tentative de coup d'État en Turquie. L'armée a annoncé avoir pris le contrôle du pouvoir et publié une nouvelle constitution. Mais samedi 16 juillet, les militaires rebelles ont commencé à se rendre. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré que la tentative de coup d'État avait échoué. Le coup d'État avorté a fait 290 morts dont 190 civils et 100 putschistes, ainsi qu'au moins 1 400 blessés.

Au cours du mois qui a suivi la tentative de coup d'État, les autorités turques ont arrêté 40 000 personnes, 20 000 d'entre elles ont été placées en garde à vue. En outre, 80 000 fonctionnaires d'État ont été licenciés.

Dossier:
Situation en Turquie après le putsch raté (43)

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Tags:
Fethullah Gülen, respect des droits, normes, arrestation, libertés, droits de l’homme, tentative de putsch en Turquie (2016), Conseil de l'Europe, Parlement européen, Strasbourg, Turquie
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