Ecoutez Radio Sputnik
    Les enjeux de la Turquie en Syrie en mutation permanente

    Les enjeux de la Turquie en Syrie en mutation permanente

    © AP Photo / Ibrahim Usta
    International
    URL courte
    Situation en Syrie (automne 2016) (217)
    35531
    S'abonner

    Après avoir soutenu Daech en achetant son pétrole, Ankara a fini par attaquer ses positions au nord de la Syrie. Après une année de présence militaire russe dans ce pays proche-oriental, les priorités et les alliés de la Turquie sont chamboulés.

    La politique de la Turquie à l'égard de la Syrie a été ambivalente jusqu'en 2015, Recep Tayyip Erdogan étant très surpris et choqué par l'intervention de la Russie en Syrie, a expliqué Jean Marcou, spécialiste français réputé de la Turquie et professeur à Sciences Po Grenoble, dans une interview à Sputnik sur les relations d'Ankara avec Damas et Moscou.

    « Ce que la Turquie va craindre aussi c'est une alliance entre la coalition internationale occidentale et la Russie. C'est dans ce cadre qu'il faut replacer l'affaire de l'avion russe Su-24 abattu en novembre 2015, c'est notamment la volonté de la Turquie d'éviter cette alliance ou une forme d'alliance ou une forme de cohabitation entre Russes et Occidentaux », a poursuivi le chercheur.

    Chars turcs à la frontière syrienne
    © AP Photo / Halit Onur Sandal
    Selon lui, il y a un sentiment de panique chez les Turcs parce que finalement ils voient la Russie qui jusqu'à présent été au nord, véritablement sur leur frontière sud. Sans oublier l'objectif de l'opération Bouclier de l'Euphrate, misant sur la destruction des djihadistes et des Kurdes, adversaires de longue date de la Turquie.

    Quant aux relations bilatérales entre Ankara et Damas, la zone frontalière entre les deux pays a toujours constitué le chantier de la guerre froide syro-turque depuis que la Syrie est devenu un état indépendant dans les années 1940.

    Ensuite, malgré tout le soutien syrien accordé au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), notamment en matière de déploiement de bases militaires kurdes, les relations bilatérales, surtout entre les deux dirigeants, ont connu un vrai élan entre 2009 et 2011 sur fond des printemps arabes.

    Après, « la Turquie s'est retrouvée dans une position difficile lorsque Bachar el-Assad a été contesté dans la rue parce que le gouvernement turc était attaqué sur le plan intérieur par l'opposition. Le gouvernement turc s'est retrouvé en position difficile et a fini par rompre avec le leader syrien. Par la suite, la Turquie a parié sur la chute du gouvernement syrien. Ankara s'est mis finalement à suivre une stratégie consistant justement à souvenir tous les mouvements qui combattaient Bachar el-Assad », a rappelé Jean Marcou, ajoutant que Daech à l'époque était un mouvement plus tourné vers l'Irak.

    Suivez Sputnik sur Telegram pour ne jamais manquer les actualités les plus importantes grâce à nos sélections du matin et du soir. Pour recevoir les actualités de notre chaîne, il suffit de télécharger l'application Telegram sur n'importe quel smartphone, tablette ou ordinateur puis cliquer sur le lien et appuyer sur « Join »

    Dossier:
    Situation en Syrie (automne 2016) (217)

    Lire aussi:

    La Turquie n'a pas coordonné son opération en Syrie avec la Russie et l'Iran
    «La Russie est la seule force capable d’arrêter la guerre en Syrie»
    «La paix en Syrie n'est possible que par la négociation entre les grandes puissances»
    Tags:
    intervention, chercheurs, politique, opération militaire, guerre, Bouclier de l'Euphrate (opération militaire turque), Sciences Po Grenoble, Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Sputnik, Jean Marcou, Bachar el-Assad, Recep Tayyip Erdogan, Damas, Ankara, Turquie, Moscou, Syrie, Irak, Russie
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik