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    L’embargo commercial fait les beaux jours du fromage russe

    L’embargo commercial fait les beaux jours du fromage russe

    © Sputnik . liya Pitalev
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    Riposte russe aux sanctions de l’Occident (186)
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    Sur fond de contre-sanctions de Moscou sur l’interdiction d’importation de produits européens, les producteurs locaux ont rapidement occupé le marché national et redynamisé la fromagerie russe.

    Aujourd'hui, les Russes produisent des fromages à pâte dure de qualité, ce qui n'est pas toujours le cas les fromages à pâte molle, ces derniers étant toujours moins bons que leurs équivalents français originaux, stipule la chaîne TV5.

    « Plusieurs fromagers russes se sont dirigés vers la France et l'Italie. Ou bien les spécialistes étrangers ont été invités en Russie. Au fur et à mesure, les fromages de qualité habituelle pour les Français ont fait leur apparition à Moscou et dans d'autres grandes villes russes. Le plus bizarre est que la plupart des fromagers russes n'ont jamais pratiqué ce métier avant ! Tout comme Oleg Sirota, qui a organisé la foire aux fromages russes sous les murs du Kremlin », a expliqué pour TV5 Dominique Derda, correspondant de la chaîne France 2 en Russie.

    Selon Oleg Sirota, la Révolution russe de 1917 a eu raison de la fromagerie nationale. Puis est arrivée la période des purges et des répressions staliniennes, et ensuite la Seconde guerre mondiale. Les petits artisans ont été remplacés par des usines avec l'objectif de nourrir les gens qui crevaient de faim.

    « Après l'annexion de la Crimée en 2014, l'Europe et les États-Unis ont introduit des sanctions contre la Russie. Le Kremlin n'a pas tardé à répondre en optant pour l'embargo commercial qui a touché en premier lieu les fromages. Par contre, le déficit a été comblé par l'apparition du camembert, du gouda et de la mozzarella 100 % russes », a poursuivi cet ancien spécialiste de l'IT qui a fait renaître le métier de son arrière-grand-père, fusillé à l'époque de la collectivisation (appropriation collective des moyens de production).

    Selon lui, la vente de fromages en ligne a connu également un large succès, notant que 60 tonnes de fromage ont été vendues durant la foire aux fromages. Les clients s'avèrent être prêts à attendre une année avant d'être livrés à domicile.

    Pour sa part, Éric Le Provost, restaurateur français qui habite à Moscou depuis 20 ans déjà, affirme avoir trouvé un fromage de chèvre au goût délicat qui répond à ses exigences.

    « L'embargo russe sur les importations de produits européens représente un phénomène à long-terme. (…) De plus, c'est aussi la question du rapport qualité-prix. Les fromages russes sont assez chers et visent des clients riches. Du point de vue qualité, les fromages à pâte dure, comme le comté ou le gruyère, ils ressemblent à leurs modèles français. Ce qui n'est toujours pas le cas des fromages moelleux, malgré l'exemple d'Éric Le Provost », a raconté Dominique Derda.

    Le journaliste a également évoqué le cas d'autres produits français touchés par l'embargo russe, comme le vin, qui coûte cher en Russie à cause des taxes de douane. Par contre, le porc français, lui, a été interdit suite à des cas de peste porcine.

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    Tags:
    sanctions antirusses, embargo, vin, porc, fromages, Kremlin de Moscou, Collectivisation en URSS (1929-1940), Seconde Guerre mondiale, France 2, TV5 Monde, Dominique Derda, Eric Le Provost, Oleg Sirota, Moscou, Italie, États-Unis, Crimée, Europe, France, Russie
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