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    L'armée irakienne s'apprête à libérer Mossoul

    La libération de Mossoul risque de tourner à la «catastrophe totale»

    © REUTERS/ Azad Lashkari
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    Opération de libération de la ville de Mossoul (2016) (105)
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    La victoire sur les terroristes à Mossoul peut provoquer une guerre régionale et une crise humanitaire d’ampleur, d’après un expert de l’organisation américaine Defense Priorities.

    La libération de la ville irakienne de Mossoul des terroristes de Daech risque de tourner à la catastrophe totale pour les civils, l'armée irakienne et la coalition internationale dirigée par les États-Unis, écrit Daniel Davis, expert de l'organisation américaine Defense Priorities, sur la page des blogs du magazine The National Interest.

    « Il y a déjà des signes de futurs problèmes (…). Les défis politiques et diplomatiques qui se présentent devant la coalition anti-Daech ont atteint un niveau dangereux même avant que les combats ne commencent à Mossoul. Il est plus difficile de relever ces défis que de mener des combats de rue », note M. Davis, ancien colonel américain qui a combattu en Afghanistan.

    Les hostilités à Mossoul risquent avant tout de provoquer une catastrophe humanitaire. L'Onu craint qu'un million de personnes quittent leurs foyers pendant les combats. Selon Stephen O'Brien, sous-secrétaire général de l'Onu chargé des affaires humanitaires et coordinateur de l'aide d'urgence, les Nations unies disposent de la nourriture pour seulement 220 000 personnes déplacées.

    Les autorités irakiennes semblent minimiser l'ampleur de la crise et appellent les citoyens de Mossoul à ne pas quitter leurs maisons et à trouver un refuge dans la ville. Daech a interdit aux habitants locaux de quitter la ville. Mais comment les civils obtiendront-ils des vivres, de l'eau et des soins médicaux en cas de combats prolongés à Mossoul ?

    Washington compte battre Daech avec le concours de plusieurs forces aux intérêts opposés : les forces armées irakiennes, les combattants peshmergas kurdes et les milices chiites et sunnites irakiennes. La Turquie souhaite aussi participer à l'opération.

    L'Irak n'a pas encore entièrement rétabli ses forces armées éprouvées par les attaques de Daech en 2014.

    Les peshmergas, qui s'approchent de Mossoul depuis l'est, ont déjà annoncé qu'ils garderaient tous les territoires qu'ils auraient libérés de Daech. Cela a naturellement provoqué l'indignation du premier ministre irakien Haïder al-Abadi.

    Plusieurs dirigeants des milices chiites irakiennes, connues sous le nom d'Unités de mobilisation populaire (PMU), refusent de coopérer avec les militaires américains et menacent même de les tuer. Selon le service d'actualité proche-orientale Al-Monitor, Hassan Al-Kaabi, membre des PMU, s'est prononcé contre la participation des troupes américaines à la bataille de Mossoul et a promis de les combattre. Qais al-Khazali, secrétaire général d'un groupe des PMU, a aussi menacé de tuer les militaires américains pendant la bataille de Mossoul, d'après Al-Monitor.

    Par ailleurs, les milices chiites détestent les milices sunnites. Quant aux sunnites, ils ont des relations tendues avec le gouvernement à Bagdad à majorité chiite.

    La Turquie, membre de l'Otan, a occupé des territoires en Irak au risque d'une guerre contre les troupes irakiennes. Ankara souhaite participer aux combats à Mossoul malgré le refus du gouvernement irakien. L'Irak a déjà appelé la Turquie à retirer ses troupes du sol irakien pour éviter « une guerre régionale » entre ces deux alliés de Washington.

    Selon l'agence Kurdistan24, le président turc Recep Tayyip Erdogan entend toutefois envoyer ses troupes à Mossoul, qui « appartient à la Turquie aux termes d'un accord de 1920 ». D'après ce document approuvé par le parlement de l'Empire ottoman, les villes irakiennes de Kirkuk et d'Erbil relèvent aussi de la Turquie.

    Qui plus est, la Turquie souhaite élargir son territoire aux dépens de la Syrie, rappelle M. Davis. Le ministre turc de la Défense Fikri Isik a annoncé le 16 octobre que l'armée turque élargirait la zone de sécurité qu'elle contrôlait dans le nord de la Syrie, la portant à 45 km de profondeur contre les 20 km actuels.

    L'opération de libération de Mossoul repose sur « un plan instable » et une « coalition volatile », d'après M. Davis. La situation actuelle dans la région est le résultat de la politique têtue de Washington qui cherche à régler tous les problèmes manu militari. Les États-Unis essaient toujours de « trouver des solutions simples à des problèmes complexes ». La politique extérieure reposant sur des principes risque d'aggraver les problèmes que les États-Unis s'efforcent à régler.

    Les États-Unis doivent renoncer à leur politique d'intervention et recourir moins souvent à la force militaire, conclut l'expert.

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    Dossier:
    Opération de libération de la ville de Mossoul (2016) (105)

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    Tags:
    catastrophe, crise humanitaire, chiites, libération, sunnites, peshmergas, Kurdes, Unités de mobilisation populaire (PMU) irakiennes, coalition anti-Daech, The National Interest, ONU, Hassan Al-Kaabi, Qais al-Khazali, Stephen O'Brien, Mossoul, Turquie, Syrie, Irak, États-Unis
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