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    Quelle est la différence entre les civils de Mossoul et d’Alep? Washington reste perplexe

    © AFP 2017 AHMAD AL-RUBAYE
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    Bien que Washington reconnaisse que la libération de la ville irakienne de Mossoul risque de faire de nombreuses victimes parmi les civils, Daech y ayant déjà réuni les habitants de 16 villages pour en faire des boucliers humains, «ce n’est pas grave», il faut chasser les terroristes. Pourquoi donc ce double standard avec Alep?

    Alors que l'Occident accuse la Russie de faire des victimes civiles à Alep et n'exclut pas d'infliger à Moscou de nouvelles sanctions, il salue dans le même temps l’opération de libération de Mossoul menée par l'armée irakienne et la coalition internationale dirigée par les États-Unis.

    Pourtant, l'Onu a déjà exprimé son inquiétude pour la sécurité des 1,5 million de personnes vivant à Mossoul, craignant qu'un million de personnes ne quittent leurs foyers pendant les combats alors que de la nourriture n’est prévue que pour 220 000 déplacés.

    Les autorités irakiennes semblent minimiser l'ampleur de la crise et appellent les habitants de Mossoul à ne pas quitter leurs maisons et à trouver un refuge dans la ville. De son côté, Daech a interdit aux habitants de quitter la ville du nord de l’Irak. Mais comment les civils obtiendront-ils des vivres, de l'eau et des soins médicaux en cas de combats prolongés à Mossoul?

    Dans le même temps, Daech a déjà commencé à réunir de force à Mossoul les habitants de 16 villages avoisinants pour s'en servir comme boucliers humains.

    Pourtant, « il n’y a aucun sens de remettre l’opération à Mossoul à cause des préoccupations sur la situation humanitaire », estime le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest.

    A Alep, c’est le Front Fatah al-Cham (ex-Front al-Nosra) qui opère et qui tue des civils chaque jour mais, curieusement, le département d’Etat américain voit les efforts conjoints de la Syrie et de la Russie de libérer la ville assiégée sous un jour différent…

    Étonnamment, le département d’État a fait deux déclarations diamétralement apposées pour ces deux villes: « le déplacement forcé des civils à l’intérieur du pays est pratiquement inévitable » (Mossoul) et « les civils ne doivent pas être forcés de quitter leurs foyers » (Alep).

    « Quant à Mossoul, tout comme à Alep, la situation doit être réglée sans tarder », a déclaré le porte-parole du département d'État, Mark Toner, dans un entretien à RT.

    Pourquoi donc la lutte contre les terroristes à Alep ne justifie pas la souffrance des civils, alors qu’elle est toute à fait justifiée à Mossoul?

    Alors que les combattant du Front al-Nosra décident du destin de quelque 270 000 habitants à Alep, selon l'envoyé spécial de l'Onu pour la Syrie Staffan de Mistura, et que les quartiers est de la ville syrienne sont complètement bloqués par les terroristes qui ne laissent passer personne en direction des couloirs humanitaires, se servant des femmes et des enfants comme d’un véritable « bouclier humain », Washington veut que la Russie et la Syrie arrêtent leur opération.

    A la question d’une journaliste de RT de savoir à quel point doivent souffrir les habitants de Mossoul pour que Washington ordonne d’arrêter l’opération et si des limites existaient, M. Toner a évité de répondre concrètement.

    « Je vois que vous essayez de comparer les situations dans ces deux villes (Mossoul et Alep, ndlr). Premièrement, notre rôle consiste à soutenir le gouvernement irakien et les forces irakiennes, c’est eux qui mènent cette opération, dont le but est de chasser les terroristes de la ville. Nous ne voyons pas la même chose en Syrie », a répondu M. Toner à la question précise concernant les limites éventuelles.

    Comme quoi les souffrances des civils de Mossoul ne sont que secondaires dans les calculs géopolitiques américains.


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    Tags:
    libération, catastrophe, bouclier humain, terrorisme, opposition modérée, Front al-Nosra, Etat islamique, Mark Toner, Staffan de Mistura, Alep, Mossoul, Irak, Syrie
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