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    Des manifestants portent des masques à l'effigie de la présidente sud-coréenne Park Geun-hye et de sa confidente Choi Soon-sil

    Une «Raspoutine» tient-elle les rênes du pouvoir en Corée du Sud?

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    Destitution de la présidente sud-coréenne (26)
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    Un véritable scandale de trafic d’influence se joue actuellement en Corée du Sud et pourrait aboutir à ce que la première femme présidente du pays devienne le premier dirigeant à y être destitué.

    Plusieurs milliers de manifestants sont descendus samedi dans les rues de Séoul pour réclamer la démission de la présidente Park Geun-Hye. La raison ? Les révélations sur l'existence d'une éminence grise — Choi Soon-Sil, confidente de Mme Park et ex-épouse de son adjoint — qui, sans jamais avoir occupé un poste officiel au sein du gouvernement sud-coréen, aurait pris part aux affaires de l'État.

    Le tollé a éclaté après que la chaîne JTBC a soupçonné Choi d'être la conseillère secrète de la présidente Park, quelque 200 discours de la présidente ayant été retrouvés dans son ancien ordinateur. Selon les médias, Choi aurait même corrigé les discours de la présidente avant leur publication officielle (quoique ces informations soient considérées comme confidentielles), et influencé des décisions étatiques liées aussi bien à la politique extérieure qu'intérieure.

    Mais l'affaire ne s'arrête pas là : Choi Soon-Sil, 60 ans, est en outre soupçonnée de corruption. Parallèlement au scandale de trafic d'influence, le parquet du pays a ouvert une enquête ayant pour cible les fondations liées à la confidente de la présidente. Les services compétents soupçonnent que 70 millions de dollars recueillis par ces dernières ont été transférés clandestinement à Mme Choi.

    Sur fond du scandale, Park Geun-Hye a avoué avoir consulté Choi pendant la campagne présidentielle au sujet de quelques déclarations publiques. Et, pour calmer le peuple, la dirigeante s'est publiquement excusée et a demandé à dix de ses principaux conseillers de démissionner.

    Or, ces excuses n'ont eu aucun effet sur l'opposition ni sur les citoyens indignés par le comportement de Park, qui, il faut le rappeler, doit avant tout sa carrière à la personnalité de son père, créateur du miracle économique sud-coréen.

    Comme l'a annoncé l'édition d'opposition  Hankyoreh Shinmun, se référant à un ancien conseiller, Choi se mêlait de pratiquement tous les domaines de gestion de l'État et les trois conseillers de la présidente ne véhiculaient effectivement que sa volonté.

    Une « chamane » qui influence le pouvoir ?

    Ce qui semble encore aggraver l'affaire, c'est la personnalité même de Choi Soon-Sil qui est la fille d'une mystérieuse figure religieuse, Choi-Tae-Min, chef autoproclamé d'un culte religieux controversé. Les révélations de WikiLeaks affirment que ce dernier contrôlait entièrement l'âme et l'esprit de Park pendant sa jeunesse.

    Choi-Tae-Min s'est approché de Park après l'assassinat de sa mère en 1974, assurant que la défunte lui était venue en rêve pour lui demander d'aider sa fille. Pour son influence sur Park, le « chaman » a été qualifié par les médias de second Raspoutine.

    Or, on suppose que Choi Soon-Sil a hérité de son père l'influence sur la présidente.

    Ce dimanche, Choi, qui était partie en Allemagne en septembre dernier, est rentrée à Séoul et se dit prête à comparaître devant les enquêteurs.
    Quoiqu'il en soit, entre 8 000 et 20 000 personnes ont protesté hier à Séoul, réclamant le départ de la présidente. Une manifestation de plus grande envergure est prévue dans les jours qui viennent. 

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    Tags:
    pouvoir politique, influence, destitution, scandale, corruption, protestations, Park Chung-hee, Corée du Sud
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