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Situation à Alep (2016) (180)
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Plus de cinq ans de guerre ont changé bien de choses en Syrie et un phénomène qui peut surprendre ceux qui y sont retournés après une longue absence, c’est l’engagement des femmes dans les métiers qui étaient jusque-là réservés aux hommes. La première femme chauffeur de taxi à Alep témoigne.

Pendant que les combats se poursuivent en Syrie, ses habitants tentent de remettre la vie sur les rails. Aminour, 52 ans, est la seule et unique conductrice de taxi à Alep. Jusque-là, certains métiers, dont le nettoyage des rues et la conduite d'un taxi ou d'un bus, étaient réservés aux hommes, étant considérés comme des métiers indignes d'une femme. Mais la guerre a bousculé les habitudes.

Or, si cette dame s'était retrouvée au volant du véhicule en compagnie d'hommes qui ne sont pas ses proches dans un quartier contrôlé par les extrémistes, elle aurait été condamnée, dans le meilleur des cas, à des coups de bâton…

« Au début, j'avais peur de travailler. Mais au bout de cinq ans de guerre les gens ont commencé à accepter le fait qu'une femme peut exercer n'importe quel métier », témoigne Aminour à un correspondant de RT.

Aminour
Aminour

Mère et grand-mère, Aminour souligne que la vie continue malgré les bombes et les échanges de tirs.

Pour elle et pour tant d'autres citoyens d'Alep, c'est une véritable torture de voir leur ville natale s'écrouler devant leurs yeux jour après jour, depuis 2012.

« Il y a cinq ans, c'était un Paris pour ne pas dire plus. Et aujourd'hui, regardez ces ruines… À l'époque, c'étaient des immeubles majestueux, et aujourd'hui ils sont détruits. Mais nous allons tout reconstruire. L'essentiel, c'est que les soldats rentrent à la maison, chez leurs proches et leurs mères », dit cette dame.

Et elle sait de quoi elle parle. Son fils aîné a rejoint les troupes gouvernementales et il y a un an il a trouvé la mort près de Damas. La guerre a en outre emporté son époux.

Aujourd'hui, Aminour vit dans un immeuble endommagé où elle a été placée par l'armée après la destruction de sa maison. Ses deux filles ont fui le pays et son fils benjamin vit dans une autre ville.

Aminour, l’unique femme chauffeur de taxi à Alep
Aminour, l’unique femme chauffeur de taxi à Alep

« Certes, c'est pénible et mon cœur explose de douleur, mais je ne perds pas l'espoir que la paix reviendra et qu'on vivra encore mieux qu'avant. Une fois que la guerre sera terminée, je veux réunir à nouveau tous mes enfants », confie la Syrienne.

En attendant, cette femme magnifique restera dans sa ville natale, où elle exercera un métier qu'aucune autre habitante d'Alep n'avait exercé avant elle. 

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Tags:
extrémistes, femmes, tragédie, destruction, taxi, guerre, Alep, Syrie
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