Emails : Hillary est-elle tirée d’affaire ?

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Nouveau coup de tonnerre dans la campagne présidentielle américaine en moins de deux semaines : le FBI a décidé de ne pas poursuivre Hillary Clinton dans l’affaire de ses emails, dix jours après avoir rouvert l’enquête. Pourtant, ces mails pourraient être explosifs pour la candidate démocrate.

Lâche soulagement des démocrates, colère des républicains : Le FBI vient d'annoncer qu'il n'inquiéterait pas Hillary Clinton dans l'affaire des emails qui ont transité par sa messagerie privée, alors qu'elle était Secrétaire d'État. Une réelle aubaine pour la candidate démocrate à moins de 48 h du scrutin décisif. Le tout 10 jours après l'annonce de la réouverture de l'enquête par le FBI après la découverte de nouveaux emails. Une annonce qui avait fait l'effet d'un coup de tonnerre dans la campagne.

Pour l'avocat spécialisé en droit public américain, Olivier Piton, ancien directeur de la cellule de stratégie d'influence de l'ambassade de France à Washington, également auteur de « La Nouvelle Révolution américaine » (Éd. Plon), malgré cette annonce Hillary Clinton est loin d'être tirée d'affaire :​

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« Pour l'instant, ce que le FBI a simplement dit c'est qu'il n'y avait pas d'éléments supplémentaires pour la poursuivre, mais la totalité des investigations n'a pas été achevée. Cela signifie qu'elle est toujours potentiellement sous le coup d'une réouverture du dossier et comme les républicains ont annoncé à de nombreuses reprises qu'ils continueraient à la poursuivre y compris après le 8 novembre, donc après l'élection présidentielle de demain, rien ne dit aujourd'hui qu'elle sera totalement libérée de ce boulet des fameux emails. »

Le FBI demeure aux yeux d'Olivier Piton, l'entité la plus en mesure de poursuivre Hillary Clinton, et ce, quel que soit son statut. En effet, le FBI est le plus à même de juger de la gravité de la violation du secret-défense ainsi que de déterminer s'il y a eu malveillance ou négligence.

Mais au-delà de la potentielle mise en danger des citoyens américains, le contenu de ces emails n'est pas anodin : l'un d'entre eux évoque notamment des liens entre la fondation Clinton et des trafiquants d'enfants à Haïti après le tremblement de terre.

Autre bombe potentielle : les financements étrangers de la campagne de la candidate démocrate. Elle est tapie dans l'un des emails de John Podesta, publiés le mois dernier par Wikileaks. La correspondance du Directeur de campagne d'Hillary Clinton et ancien Chef de cabinet de la Maison-Blanche de son mari nous apprend que la Fondation Clinton a reçu en 2011 un million de dollars du Qatar. Si la fondation vient de le reconnaître, Hillary Clinton ne l'avait pas mentionné au Département d'État, alors qu'elle était à la tête de la diplomatie américaine, et ce, malgré un accord signé avant sa prise de fonctions.

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Même si le lien entre ces fonds et leur utilisation dans la campagne présidentielle ainsi que sur leur impact sur la politique étrangère américaine reste à prouver, ces nouvelles révélations soulèvent la question de la transparence des opérations de la Fondation des époux Clinton :

« Ce sont des zones peu claires, qui contribuent d'ailleurs à la fragiliser auprès d'une grande partie de l'opinion publique américaine, et pas seulement de l'opinion publique qui va voter Trump. »

D'autant plus que la fondation n'a publiquement reconnu ce don qatari qu'après un mois de sollicitations. Pour Olivier Piton, la justice américaine devra un jour se pencher sur la gouvernance de cette organisation :

« La Fondation Clinton a un mode de fonctionnement opaque, il y a sans doute des relations incestueuses entre cette fondation normalement à but non lucratif et les dépenses occasionnées lors de la campagne électorale, pas seulement celle-ci, mais depuis un certain nombre d'années. »

Une campagne démocrate placée sous influence étrangère ? L'Arabie Saoudite, le Koweït et le Qatar figureraient en effet en tête des donateurs de la fondation.

Par ailleurs, en juin, l'agence d'information Petra avait diffusé durant quelques heures sur son site un document contenant des commentaires de Mohammed Ben Salman, vice-prince héritier de la famille saoudienne : « Le royaume assume également avec un enthousiasme complet 20 % du coût de la campagne d'Hillary Clinton pour les élections présidentielles américaines… ». Gênant, lorsqu'on sait qu'il est interdit aux Etats-Unis de recevoir des financements étrangers à des fins électorales.

Mais au-delà des pétromonarchies du Golfe, Alexandre Del Valle, consultant en géopolitique, auteur du livre « Les Vrais Ennemis de l'Occident » (Éd. L'Artilleur) décris un clan Clinton particulièrement dépendant de l'argent des pays islamiques et de ses liens avec les Frères musulmans.​

« Obama lui-même a six conseillers très proches des frères musulmans, donc comment voulez-vous lutter contre la subversion islamiste mondiale qui sévit même aux États-Unis, quand on a une équipe Obama-Clinton qui est pieds et poings liés non seulement avec les monarchies du Golfe, mais aussi avec les frères musulmans ? »

Il prend pour exemple la conseillère favorite d'Hillary Clinton, Huma Abedin. La « seconde fille » (spirituelle) de Hillary Clinton est surtout celle d'une famille particulièrement influente au sein de la Ligue islamique mondiale, liée aux Frères musulmans. Elle est d'ailleurs impliquée dans l'affaire des emails, étant donné que c'est sur l'ordinateur de son mari que le FBI a retrouvé la dernière volée de courriels d'Hillary Clinton.

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« Le clan Clinton, comme le clan Bush, sont diamétralement opposés sur le plan de l'échiquier politique, mais on deux énormes points communs : l'interventionnisme militaire, de manière assez flagrante, et leurs liens avec les pôles de l'islamisme radical. Ce n'est pas prêt de changer, c'est quelque chose de très lourd. C'est pour ça que Trump était un empêcheur de tourner en rond. »

Insiste Alexandre Del Valle. S'il estime qu'en France, « la configuration juridique empêcherait ce genre de financements aussi flagrants », il souligne que des moyens détournés permettent aux partis de se financer auprès d'États et d'organisations étrangères, citant l'exemple des conférences grassement rémunérées. Olivier Pichon rappelle de son côté les soupçons qui pèsent sur l'ancien président de la République lors de sa campagne. Quant au secret-défense, l'avocat ne manque pas de souligner que si des informations top secrètes sur l'intervention en Syrie sont aujourd'hui disponibles en librairie, c'est le fait des confidences à des journalistes d'un président, cette fois, en exercice.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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