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Le nouveau président américain Donald Trump prendra ses fonctions le 20 janvier 2017 mais on sait déjà quels dossiers brûlants lui laisse son prédécesseur Barack Obama.

Le républicain Donald Trump a recueilli 276 voix de grands électeurs à la présidentielle américaine ce mardi 8 novembre. Le vote formel des grands électeurs aura lieu le 19 décembre et le 6 janvier 2017, le congrès validera le résultat. L'investiture du nouveau président est prévue pour le 20 janvier. La candidate démocrate Hillary Clinton a téléphoné à son rival républicain et a reconnu sa défaite, rapporte la chaîne CNN.

Barack Obama, qui s'est vu attribuer à l'avance en 2009 le prix Nobel de la paix pour ses "immenses efforts pour renforcer la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples", n'a pas été à la hauteur — et tout le monde le reconnaît. Son successeur devra réparer les pots cassés, y compris les relations dégradées avec la Russie et les conflits militaires dans plusieurs régions du monde.

Il aura également du pain sur la planche en politique nationale entre le programme controversé d'assurance médicale et les questions socioéconomiques systémiques.

Le terrorisme

Le successeur d'Obama aura de nombreuses tâches en politique étrangère. Avant tout, il devra gérer les guerres que le président sortant n'a pas réussi à régler en Irak et en Afghanistan, où les Américains se sont enlisés. Un simple retrait des troupes ne suffira pas, notamment en Irak où les agissements des Américains et de leurs alliés ont engendré l'apparition de l'organisation terroriste État islamique (ou Daech, interdite en Russie) qui a déployé toute sa puissance et, en quelques années, est devenue une menace mondiale.

La lutte contre Daech et les groupes terroristes similaires sera l'un des principaux défis pour le nouveau président américain. Il faut évidemment gérer ce problème, mais pour l'instant les USA n'ont pas fait preuve d'une approche systémique pour combattre ce fléau. Ils tentent encore de régler tous les problèmes uniquement par les bombardements. Hormis le préjudice direct pour les terroristes, des milliers de civils sont ainsi privés de foyer et de moyens de subsistance — devenant une proie facile pour les recruteurs terroristes.

Le problème est d'autant plus pertinent que la menace du terrorisme et de l'extrémisme n'est pas abstraite pour les États-Unis et n'est pas cantonnée dans des pays lointains. L'attentat de San Bernardino (qui a d'ailleurs été revendiqué par Daech) et la fusillade dans un club d'Orlando ont confirmé que personne ne pouvait se sentir en sécurité. Même aux USA.

Les USA et la Syrie

Le nouveau locataire de la Maison blanche devra également déterminer une politique pour régler la crise en Syrie, pays plongé dans une guerre civile depuis 2011.

En particulier, d'après les experts, en un peu plus d'un an la situation s'est transformée en confrontation indirecte entre la Russie et les USA. L'affaire n'est heureusement pas allée jusqu'à un conflit militaire mais un simple mémorandum sur la sécurité des vols en Syrie n'est pas à la hauteur de deux acteurs aussi importants. Tout le monde reconnaît que si une coordination plus sérieuse était établie entre les militaires russes et américains (cela concerne également la diplomatie), cela serait utile pour tous.

Pendant leur campagne présidentielle, les candidats américains exprimaient une position opposée à ce sujet. Le républicain Trump disait qu'il fallait renoncer au changement de régime du président syrien Bachar al-Assad et chercher une solution diplomatique avec la Russie. Sa rivale démocrate, Hillary Clinton, prônait une ligne dure.

Vers de meilleures relations avec la Russie?

L'une des tâches les plus difficiles du nouveau président américain sera la normalisation du dialogue avec la Russie. Pour cela, il faudra d'abord se faire à l'idée que Moscou sera désormais loin d'être toujours d'accord avec Washington. De nombreux Américains en ont parfaitement conscience et trouvent cela normal: à présent, c'est à l'administration américaine d'en prendre conscience.

Pour l'instant, il reste difficile d'identifier des points de contact. Moscou souligne constamment qu'il est prêt à un dialogue mutuellement respectable avec tout président américain, mais on ignore si Washington a la même attitude. "L'idée américaine que les USA sont une nation exclusive n'aide pas", constate avec regret le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Par conséquent, le successeur d'Obama devrait d'abord rencontrer des difficultés dans les relations avec la Russie. Même s'il décidait de renoncer à la confrontation et de lever les sanctions, il devrait surmonter l'opposition de l'establishment politique américain qui, ces dernières années, a fait de la Russie un ennemi et ne renoncera pas aussi facilement à cette ligne politique et médiatique.

"Nous serons probablement confrontés à une forte inertie de la politique américaine vis-à-vis de la Russie, au maintien d'une ligne hostile", reconnaît le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov.

Recoller les morceaux

Sur le plan intérieur, le nouveau locataire de la Maison blanche devra s'occuper en premier lieu de la consolidation de la nation. La campagne électorale a parfaitement mis en évidence à quel point le pays était divisé, tant sur le plan des partis, qu'au niveau religieux, racial et d'autres.

Le prochain président devra faire face aux nombreux problèmes socioéconomiques qui sont une priorité pour l'Américain moyen. En particulier, il est primordial d'établir un dialogue entre les policiers et les minorités ethniques, notamment les Afro-américains. L'ampleur des différends prend une envergure effrayante et les autorités devront redoubler d'efforts pour normaliser la situation.

Sur le plan économique, il sera nécessaire d'entreprendre des démarches actives pour lutter contre le chômage et créer de nouveaux emplois afin d'entraîner une baisse de la tension sociale — qui commence à grimper dans certaines régions.

Enfin, le problème de l'Obamacare s'amplifie. La réforme de la santé initiée par Barack Obama est en œuvre depuis plus de cinq ans, mais la société n'est toujours pas unanime vis-à-vis de ce programme et apparemment, ce n'est pas prêt d'être le cas. Les nouvelles autorités devront chercher des compromis et des solutions à ce problème au risque de voir éclater une grave crise, si les citoyens ne pouvaient plus payer les factures colossales des médecins.

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