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    Haut-Karabakh: toujours pas de paix malgré les efforts de Moscou, Washington et Paris

    © Sputnik . Karo Saakyan
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    Conflit du Haut-Karabakh (167)
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    Le conflit sanglant dans le Haut-Karabakh dure depuis plus de 25 ans. En 2011, malgré l'engagement actif des présidents américain, russe et français dans le processus de paix poussant Erevan et Bakou à signer le document qui pourrait régler la crise, l'Azerbaïdjan a refusé de le signer, raconte à Sputnik le président arménien Serge Sargsian.

    L'agence Sputnik Armenia a interrogé le chef de l'État arménien Serge Sargsian sur de nombreux sujets, y compris l'équilibre du pouvoir dans la région, le rôle de Moscou dans le maintien de la paix et de la stabilité et le règlement du conflit dans le Haut Karabakh.

    En ce qui concerne la puissance militaire, l'Arménie est l'unique pays, excepté la Russie, qui possède des missiles balistiques tactiques Iskander. Or, selon M. Sargsian, le déploiement de ces systèmes n'était qu'une mesure forcée pour équilibrer la situation militaire dans la région, car l'Azerbaïdjan s'est régulièrement doté ces dernières années d'armements des plus modernes.

    « Nous n'avons pas les capacités financières de l'Azerbaïdjan, mais nous œuvrons pour équilibrer la situation au moyen d'un antidote. Je pense qu'en l'occurrence les Iskander sont cet antidote. Certes, la course aux armements n'est pas souhaitable, mais que faire si on est constamment menacé de guerre, d'extermination physique. On est contraint d'appliquer des mesures fortes », a noté le président arménien.

    De plus, poursuit-il, l'Arménie et la Russie ont un accord commun sur le maintien de l'équilibre des forces dans la région, c'est pourquoi la Russie a réagi positivement à la demande d'Erevan en mettant à sa disposition les missiles Iskander.

    Selon lui, la Russie est l'acteur clé dans la région, en particulier en ce qui concerne le maintien de la paix et de la stabilité. Moscou a joué un rôle décisif dans l'arrêt des opérations armées dans le Haut Karabakh, qui a connu un regain de violences faisant au moins 110 morts en avril. La réaction de la société arménienne est on ne peut plus logique puisque la majorité écrasante des habitants est convaincue qu'en cas de danger la Russie se rangera toujours du côté de l'Arménie.

    Quant au règlement du conflit dans le Haut Karabakh, M. Sargsian rappelle qu'en 2007, lorsqu'il était premier ministre, les co-présidents du groupe de Minsk de l'OSCE (Russie, États-Unis et France) avaient proposé de régler le problème du Haut Karabach sur la base de trois principes.

    Premièrement, le non-recours à la menace ou à l'emploi de la force. Deuxièmement, l'intégrité territoriale de l'État et troisièmement — l'égalité des peuples et leur droit à l'autodétermination.

    Selon lui, ces principes ne se contredisent en aucune façon. Dans le monde civilisé, tous les problèmes sont réglés sans emploi de la force, d'autant plus entre États.

    « L'intégrité territoriale… Nous reconnaissons l'intégrité territoriale de chaque État, y compris de l'Azerbaïdjan. Dans le même temps, l'autodétermination des peuples n'entre pas en contradiction avec le principe d'intégrité territoriale, parce que celle-ci concerne les relations entre États alors que l'autodétermination est liée aux relations entre la capitale et le peuple qui vit au contact de sa patrie historique. Si on déclinait le principe d'autodétermination des peuples, on n'aurait pas dû sortir de l'Union soviétique, ce qui s'est produit sur la base de ce principe. Ainsi, ces principes n'entrent pas en contradiction », a fait valoir le chef de l'État arménien.

    Après avoir reçu les initiatives des co-présidents, la partie arménienne s'est dit prête à négocier dans le cadre de ces principes et autour de ce document.

    « En 2011, tout le monde croyait que nous étions sur la ligne d'arrivée, que nous étions prêts à signer le document. Alors le président des États-Unis a téléphoné au président de l'Azerbaïdjan et à moi-même, a souhaité du succès, le président français a adressé une lettre au président de l'Azerbaïdjan ainsi qu'à moi-même en souhaitant la même chose et le président russe a participé personnellement à ces négociations-là. Cependant, à Kazan, le président azerbaïdjanais a, malheureusement, renoncé à ce principe. Les présidents américain, russe et français étaient convaincus que nous signerions le document, mais l'Azerbaïdjan a refusé », a rappelé le numéro un arménien.

    Le 2 avril dernier, l'Arménie et l'Azerbaïdjan ont constaté une aggravation de la situation dans le Haut-Karabakh, république autoproclamée de Transcaucasie majoritairement peuplée d'Arméniens (80%). Le ministère azerbaïdjanais de la Défense a fait état de tirs de la part des forces armées arméniennes, tandis qu'Erevan a accusé Bakou d'avoir mené des "actions offensives" sur le terrain.

    Selon les évaluations de l'Onu, environ 150.000 personnes résident dans la zone du conflit du Haut-Karabakh et risquent d'être forcées de quitter leurs foyers en cas d'aggravation de la situation et de reprise des hostilités dans la région.

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    Serge Sargsian, Haut-Karabakh, Azerbaïdjan, Arménie, France, États-Unis, Russie
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