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L’élection présidentielle aux États-Unis à peine terminée, la chasse aux agents d’influence russes est ouverte en Europe afin de rejeter sur Moscou la responsabilité pour cette crise inextricable dans laquelle l'UE s’enlise de plus en plus.

Le groupe de réflexion Atlantic Council vient de publier un rapport sur le « réseau d'influence » des agents russes en Europe, mettant en garde les gouvernements français, allemand et britannique contre le danger que représentent les « chevaux de Troie » du Kremlin.

Les auteurs du document affirment que, depuis plusieurs années, Moscou renforce son influence en Europe dans le but de « semer la discorde entre les États membres de l'Union européenne, de déstabiliser la politique européenne et de compromettre les valeurs libérales de l'Occident ». Ils énumèrent tout un spectre d'instruments utilisés par le Kremlin, dont des campagnes d'intox, l'exportation de la corruption et de la cleptocratie, de pressions économiques et le « recrutement d'alliés politiques au sein des démocraties européennes ».

Les analystes de l'Atlantic Council dénoncent les desseins de la Russie qui introduit ses agents dans les systèmes politiques des principaux pays européens, notamment de la France, de l'Allemagne et du Royaume-Uni. Bien que la stratégie de Moscou visant à « envahir l'Europe » soit difficile à démasquer, les auteurs du rapport font entendre qu'ils l'ont percée.

Selon eux, en France, le réseau d'« agents du Kremlin » est représenté par des partis politiques, notamment par le Front national (FN), les communistes de l'ultragauche, le Parti de gauche (PG) et les républicains de centre-droit. Les analystes de l'Atlantic Council qualifient la présidente du FN, Marine Le Pen, de « principale partisane de Moscou » et rappellent qu'elle a plus d'une fois bénéficié d'un financement russe.

Qui plus est, ils ont découvert beaucoup de points communs entre la politique russe et l'idéologie de Mme Le Pen, à savoir l'antiaméricanisme, la protection des valeurs chrétiennes, le rejet du mariage homosexuel et la critique de l'UE.

Les auteurs du rapport rappellent par ailleurs que bien des représentants des partis politiques évoqués ont fait partie de la délégation française ayant visité la Crimée en 2015 et 2016.

En Allemagne, l'Atlantic Council fustige la coopération économique avec la Russie à travers laquelle tout un réseau de « chevaux de Troie » russes est implanté dans le système politique de la République fédérale d'Allemagne et exerce un impact néfaste sur la démocratie allemande.

Les auteurs du rapport ne se limitent cependant pas à classer certains partis politiques et ONG allemands parmi les agents d'influence de Moscou, mais soupçonnent aussi le mouvement islamophobe et anti-immigrés PEGIDA qui « décrit la Russie de Poutine comme une alternative à l'influence des États-Unis et de la bureaucratie bruxelloise ». L'Atlantic Council reconnaît toutefois qu'il est difficile de prouver un lien direct entre la Russie et ce mouvement, mais signale une attention « excessive » accordée par les médias russes aux rassemblements de PEGIDA.

Selon les auteurs du rapport, le Royaume-Uni est moins vulnérable à la « subversion russe », mais ces derniers temps, le populisme y prend de l'ampleur, dont le Brexit est un exemple éclatant. Cela permet à l'« influence russe » d'infiltrer le système politique britannique. L'Atlantic Council pointe également des partis politiques, notamment le Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP), en les taxant de « chevaux de Troie » russes.

« Rien n'est plus absurde que l'allégation selon laquelle nous nous livrons à des recrutements en Europe. Les Européens sont tout simplement fatigués de la crise actuelle et en cherchent l'issue eux-mêmes », a estimé le journaliste russe Sergueï Filatov.

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Tags:
La Faute Aux Russes, La Main du Kremlin, influence, agents du Kremlin, Parti de gauche (PG), Atlantic Council, Kremlin, UKIP, Front national (FN), Pegida (mouvement), Marine Le Pen, Royaume-Uni, Moscou, France, Allemagne, Russie
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