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Un linguiste norvégien a retrouvé la plus étrange langue du monde, dont la prononciation et la structure grammaticale bouleversent toutes nos conceptions traditionnelles sur le langage humain.

Le professeur de l'Université d'Oslo (Norvège) Rolf Theil affirme que la langue la plus étrange du monde est le pirahã, dont les locuteurs natifs — aussi peu nombreux qu'ils soient — vivent en plein cœur de la forêt amazonienne, écrit le site Science Nordic.

Son avis est d'ailleurs partagé par beaucoup de chercheurs, notamment par les linguistes Keren et Daniel Everett. Selon eux, il n'existe qu'un seul moyen pour maîtriser le pirahã, à savoir une communication très intense, la langue ayant largement recours à des moyens de communication non-verbaux.

À en croire le professeur Theil, les Pirahãs crient, chantent et même dansent pour communiquer entre eux. Et pour cause !

À la différence de l'écrasante majorité des langues européennes, le pirahã n'a pas d'accent tonique (mise en relief d'une syllabe dans un mot en augmentant l'intensité de la voix, ndlr), mais dispose d'un accent de hauteur, c'est-à-dire d'un relief tonal donné à une syllabe lors d'une élévation du ton de la voix. Ainsi, c'est la hauteur du ton qui permet de distinguer les mots « ennemi » et « ami », composés de la même série de sons et par conséquent indistinguables pour les étrangers.

Dans le pirahã, il n'y a ni récursivité syntaxique — au lieu de dire « Ola croit que Per pense que Lise a faim », un Pirahã dirait « Lise a faim. Per pense comme ça. Ola le croit » — ni conception de catégorie du nombre, singulier ou pluriel. En outre, les Pirahãs « vivent » toujours dans l'avenir ou dans le passé, leurs verbes n'ayant pas de présent.

Le pirahã n'a que quatre mots pour décrire toute la diversité des relations familiales : un mot pour les aïeux, les parents et les grands-parents; un mot pour les personnes du même âge que vous; un mot pour les frères et sœurs ; enfin, un mot pour les enfants.

Les Pirahãs ne prêtent pas beaucoup d'attention aux noms et prénoms : rares sont ceux qui peuvent se souvenir des prénoms de leurs parents et de leurs grands-parents. De plus, le langage varie considérablement en fonction du sexe du locuteur : les femmes ont à leur disposition sept consonnes, tandis que les homes en ont huit. Concernant les subordonnées, il n'y en a tout simplement pas. Au lieu de dire « dès que j'aurai fini de pêcher, je parlerai avec toi », un Pirahã dit « Je finirai de pêcher. Je parlerai avec toi ».

Sans aucun doute, le pirahã constitue un système linguistique à part, qui réserve aux chercheurs encore bien des mystères…

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Tags:
Pirahãs, linguistique, langue, Norvège
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