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    Ligue du Nord: «ça a été un suicide pour l'Europe d'imposer des sanctions à la Russie»

    © AFP 2019 Philippe Huguen
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    Il aurait fallu mettre fin aux sanctions antirusses au tout début, selon le dirigeant du parti italien Ligue du Nord Matteo Salvini. Est-ce que le vent de changement qui souffle aujourd'hui va pousser le monde à reconsidérer enfin les mesures restrictives et le statut de la Crimée? M.Salvini l'espère.

    Sur fond de relations resserrées entre la Ligue du Nord (LN) et la Russie, le chef de file du parti Matteo Salvini avec les députés italiens Claudio D'Amico et Gianluca Savoini, président de l'Association Lombardie-Russie, se sont rendus en visite à Moscou où ce premier a tenu une conférence de presse à l'agence Rossiya Segodnya. Il s'agit déjà de leur quatrième visite en Russie et alors qu'à l'époque ils étaient accusés de soutenir la « dictature », aujourd'hui le vent a changé, a estimé M. Salvini dans un entretien à Sputnik, espérant que ce soit son dernier déplacement dans une Russie sous sanctions.

    « C'est notre première visite officielle depuis que Donald Trump a été victorieux à la présidentielle américaine. Je voudrais que la première rencontre de MM. Trump et Poutine ait lieu en Italie pour qu'on ouvre ainsi un nouveau chapitre dans les relations entre la Russie et les États-Unis, la Russie et l'Union européenne, la Russie et l'Italie, pour qu'on lève les sanctions et reconnaisse la Crimée russe, pour qu'on considère la Russie comme un partenaire politique et commercial ».

    « Si je ne me trompe pas, c'est notre quatrième visite en Russie », a poursuivi le dirigeant de la Ligue du Nord. « D'abord, on nous a accusés de soutenir la "dictature", mais aujourd'hui tout le monde comprend déjà qu'un vent de changement souffle, un vent fort. J'espère que ce sera notre dernier déplacement dans une Russie sous sanctions », a-t-il souligné.

    L'Italie a été le premier pays européen à envoyer une délégation en Crimée après le référendum. Le mois dernier, des délégations de Lombardie, de Toscane, de Vénétie et de Ligurie se sont de nouveau rendues dans la péninsule. Qu'est-ce qui empêche alors l'Europe et le monde plus globalement de reconnaître la Crimée russe ? L'interlocuteur de Sputnik suggère une réponse.

    « Certes, l'élection aux États-Unis va apaiser cette situation tendue et mènera même peut-être à la reconnaissance de la Crimée russe. Or, si le droit international était tel qu'il devrait être, il ne nous aurait pas fallu attendre le triomphe de Trump car les citoyens tant ukrainiens que criméens possèdent la liberté de choix. Si l'UE et d'autres organisations internationales étaient indépendantes, la République de Crimée aurait déjà été depuis longtemps reconnue comme russe », pointe M. Salvini, ajoutant qu'il est farouchement contre les sanctions imposées à la Russie.

    « Il aurait fallu y mettre fin au tout début et il aurait fallu le faire non pas en paroles mais en actes ».

    Des représentants du gouvernement sont maintes fois venus en Russie pour donner des promesses qu'ils n'ont pas tenues par la suite — parmi eux, il y a par exemple Matteo Renzi ou Federica Mogherini.

    « Nous n'allons pas répéter cette erreur puisque, selon nos estimations, les sanctions et les contre-sanctions ont coûté au minimum six milliards d'euros au pays et ont mené à une paralysie de secteurs entiers et ce tandis que quelqu'un s'efforçait de renforcer les liens commerciaux avec la Russie. Et ce quelqu'un se trouve de l'autre côté de l'océan », a affirmé M. Salvini.

    « Apparemment, ça a été un suicide pour l'Europe d'imposer des sanctions, surtout pour l'Italie. Nous avons de notre côté préparé, au niveau des communes et des régions, les documents qui aideront à surmonter ou lever les sanctions, mais l'Italie n'est malheureusement pas encore une fédération et c'est la capitale qui décide tout et pour tous ».

    Quant aux relations avec l'Otan, la Ligue du Nord s'apprête à faire des pas décisifs et salue la position du président élu américain Donald Trump selon laquelle il faut reconsidérer les conditions de l'existence de l'Alliance ou tout bonnement y renoncer.

    « Nous n'allons plus être esclaves parce que c'est une chose d'être une partie d'une alliance de membres égaux, mais c'est une tout autre chose d'être esclaves, pions d'une alliance inutile qui a besoin de changements, et depuis longtemps. Il y aurait du sens dans cette alliance si elle se chargeait de la protection des frontières méditerranéennes, de la lutte contre Daech, et ne s'occupait pas du déploiement des troupes, des missiles et des avions aux frontières avec la Russie ».

    C'est pourquoi l'une des principales questions à laquelle la Ligue du Nord s'attèlera aussitôt que le parti sera au gouvernement, ce sont les conditions de sa participation à l'Otan ou probablement le refus absolu d'y participer.

    Une autre question : pourquoi l'Italie doit voter « non » au référendum constitutionnel le 4 décembre et former un nouveau gouvernement ?

    « Si je devais choisir une seule raison, je dirais "l'Union européenne" à cause de laquelle nous avons introduit ces sanctions, ces listes noires, l'Union qui a pris tant de décisions erronées », a déclaré M. Salvini.

    Alors, si les Italiens votent « non », le gouvernement sera dissout et le Mouvement cinq étoiles se prépare déjà à la formation d'un nouveau gouvernement. Et comment la Ligue du Nord s'y prépare-t-elle ?

    « Si le Mouvement cinq étoiles se prépare encore, nous y sommes déjà prêts », a rassuré M. Salvini.

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    Tags:
    gouvernement, référendum, visite, déplacement, partenariat, relations, levée des sanctions, levée, sanctions antirusses, Mouvement 5 étoiles, Ligue du Nord (parti italien), Union européenne (UE), Vladimir Poutine, Donald Trump, Matteo Salvini, Occident, Europe, Russie
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