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    «L’Occident n’est pas intéressé par une victoire à Alep»

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    L’armée gouvernementale syrienne soutenue par des milices a délogé les terroristes d’environ la moitié du territoire d’Alep-Est. Ayant éliminé la moitié de l’avant-garde islamiste, les forces armées ont libéré près de 90.000 civils. Mais les actions de l’armée syrienne sont entravées par… la réticence des pays occidentaux à participer au combat.

    L’offensive des militaires dans les quartiers est de la ville se poursuit. Mercredi, l’armée syrienne a réussi à libérer le quartier Cheikh-Saïd, malgré une violente résistance de la part des terroristes du groupe Front al-Nosra et de leurs alliés.

    Par ailleurs, selon l’expert politique syrien Ali Ahmad, on voit monter la tension entre les groupes radicaux. Les terroristes du Front al-Nosra continuent d’empêcher les civils de quitter la ville et obligent les combattants d’autres groupes à résister aux forces gouvernementales et à leurs alliés.

    « Il y a des combattants qui veulent déposer leurs armes, mais le Front al-Nosra et d’autres radicaux islamistes ne leur permettent pas de le faire. Les radicaux sont redoutés non seulement par les civils mais également par les groupes islamistes armés. Ces 10 % de radicaux gèrent la situation sur fonds de conflits internes persistant », a indiqué Ali Ahmad.

    Selon lui, il serait prématuré d’annoncer que les terroristes ont perdu toutes leurs, forces même s’ils essuient d’importantes pertes.

    « Les rebelles ont perdu la moitié d’Alep-Est, mais l’autre moitié n’est pas facile à reconquérir (…) Je pense que la partie russe s’est montrée très sérieuse et que la question (de la libération de la ville, ndlr) sera résolue d’ici la fin de l’année », estime l’expert.

    Entre-temps, ni l’Onu, ni l’administration américaine, ni les chefs des autres États occidentaux n’ont à aucun moment proposé d’aider les centaines de milliers d’habitants libérés d’Alep. Alors que la Russie livre de l’aide humanitaire à la population au quotidien, les porte-paroles de l’Onu déclarent ne pas pouvoir fournir de l’aide, n’ayant aucune garantie quant à la sécurité de leurs convois.

    Le directeur du département des relations internationales de l’Université américaine de science et de technologies à Beyrouth George Messi estime que la situation ne changera pas considérablement lorsque le président élu des États-Unis Donald Trump entrera en fonction le 20 janvier prochain.

    « Selon l’expérience que nous avons, cela ne fera qu’empirer. Je doute qu’ils (les Américains) accepteront le scénario russe à Alep. Et donc, cela vaut la peine que les Russes en finissent au plus vite avec ce problème », a-t-il affirmé.

    « Il est évident que les Américains ne donneront pas de temps aux Russes pour cette victoire, car la victoire à Alep signifierait la victoire en Syrie. Aux États-Unis, ils parlent plus de Raqqa et ils feront tout pour empêcher les Russes d’accomplir leur mission et libérer Alep. On ignore pour l’instant comment ils vont faire cela. Mais ils pourraient le faire par l’intermédiaire des Kurdes, auxquels ils donnent un coup de main, ou des Turcs », a supposé M. Messi.

    Il a indiqué que selon lui les Américains insisteraient de plus en plus souvent sur des « pauses humanitaires » leur permettant de transférer des armes aux djihadistes, ainsi que sur l’introduction  des zones d’exclusion aériennes. Or, ils vont faire tout pour empêcher les Russes à vaincre à Alep.  

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    libération, Front al-Nosra, Donald Trump, Ali Al-Ahmad, Occident, Alep, Europe, États-Unis
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