Ecoutez Radio Sputnik
    Daraprim

    Des étudiants synthétisent un médicament vendu 750 USD pour 20 USD

    © REUTERS/ David Gray
    International
    URL courte
    101680270

    Vendu aux États-Unis au prix exorbitant de 750 dollars par «le businessman le plus haï des USA», le médicament Daraprim, qui est capable de guérir les maladies incurables chez des séropositifs, a pu être synthétisé par des lycéens australiens pour la modique somme de 20 dollars. Le businessman qui a haussé le prix de 5 000% s’explique.

    Médicaments. Image d'illustration
    © AP Photo/ Eric Risberg
    Les patients atteints du Sida qui ont besoin du traitement Daraprim pour traiter et prévenir la malaria et la toxoplasmose payaient 750 dollars le comprimé (702 euros). Pourtant ce médicament vital n'a pas toujours été vendu à ce prix exorbitant.

    Initialement, jusqu’en 2015, le Daraprim ne coûtait que 13,50 dollars (12,60 euros). Après que les droits de commercialisation de la molécule ont été rachetés par la société américaine Turing Pharmaceuticals, son prix est passé de 13,50 à 750 dollars, soit une hausse de 5 000%. De quoi lancer une polémique. 

    Cette décision a valu à Martin Shkreli, dirigeant de Turing Pharmaceuticals, son surnom d’ « homme le plus détesté des États-Unis ». 

    Daraprim
    © REUTERS/ David Gray
    Daraprim

    Pourtant,  la société peut se permettre de fermer les yeux sur les critiques puisqu'il pas à ce jour de traitement alternatif aussi efficace.

    Même si Martin Shkreli n’est plus à la tête de l’entreprise, la situation n’a pas trop changé, le médicament étant désormais vendu 375 dollars (327,90 euros), soit une hausse de 2 500% par rapport au prix initial. 

    L’un des étudiants qui a synthétisé le médicament en laboratoire a accusé Martin Shkreli de ne se soucier que du profit, oubliant qu’il existe des gens malades et que « c’est de leur survie qu'il s'agit ».

     

    Fini le monopole!

    C’est donc un groupe d'étudiants australiens qui a mis fin aux spéculations de Turing Pharmaceuticals, qui justifiait sa hausse des prix par la nécessité de rendre le traitement plus rentable. Ils ont pu synthétiser en laboratoire la pyriméthamine, le principe actif du médicament, avec l'aide de scientifiques du Consortium Open Source Malaria qui leur avaient fourni les données nécessaires.

    « Le Daraprim peut être rapidement et simplement fabriqué, ce qui remet en question la nécessité d'un prix aussi élevé pour ce médicament si important », explique le Pr Matthew Todd de l'université de Sydney sur son site Internet.

    Pour mettre fin à ce monopole, les données obtenues pour synthétiser la molécule et fabriquer ainsi le médicament sont disponibles gratuitement pour les scientifiques du monde entier.

     

    Le businessman  le plus détesté des États-Unis s’explique

    « Apprendre à synthétiser ce n'est pas une innovation. N'importe qui peut fabriquer des médicaments, c'est facile », affirme Martin Shkreli dans son poste sur Twitter.

    ​Et d’ajouter: « Est-ce que ça prouve quelque chose? Presque n’importe quel médicament peut-être fabriqué pour trois fois rien à petite échelle, ravi que cela vous rende si heureux, d’ailleurs ».

    ​Mais après avoir de nouveau suscité l'indignation, il s’est repenti en publiant une vidéo avec une déclaration pathétique:

     « Ces étudiants australiens sont la preuve que l'économie du XXIe siècle résoudra le problème de la souffrance humaine à travers les sciences et la technologie ».

    Lire aussi:

    Combien donneriez-vous pour mettre un pain à l’homme le plus haï de la Toile?
    "Le pharmacien le plus haï des Etats-Unis" interpellé par le FBI
    "L’homme le plus haï des Etats-Unis"
    Tags:
    médicaments, sida, VIH, Daraprim, Martin Shkreli, Australie, États-Unis
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik