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    L’élection à l’autrichienne ou la fin d’une tradition

    L’élection à l’autrichienne ou la fin d’une tradition

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    Le 4 décembre, les Autrichiens devraient finalement élire leur président, mettant fin à la campagne électorale la plus chère de l’histoire du pays, et qui pourrait voir triompher les idées eurosceptiques.

    Pour la première fois depuis la Seconde guerre mondiale, le président élu, qu'il s'agisse de Norbert Hofer du Parti de la Liberté (FPÖ) ou de son rival indépendant et ex-Vert Alexander Van der Bellen, marquera une rupture avec les grands partis du pays, dont le Parti populaire autrichien (ÖVP) et le Parti social-démocrate d'Autriche (SPÖ).

    S'il est élu, l'eurosceptique Norbert Hofer serait également le premier chef d'État autrichien à tendance populiste depuis la fin de la Grande guerre.

    L'élection mettra un point final à une crise électorale qui dure depuis le printemps 2016, les résultats survenus en mai dernier ayant été annulés par la Cour constitutionnelle autrichienne à cause d'infractions lors du dépouillement. L'élection devait avoir eu lieu en octobre, avant d'être reportée au 4 décembre, cette fois-ci à cause de la mauvaise qualité de la colle servant à fermer les enveloppes des votants. Ainsi, depuis mai 2016, le taux de participation a baissé de 20 %.

    En Autriche, malgré la présence du chancelier, le président exerce les fonctions de commandant en chef des armées. De plus, il dispose du droit de dissoudre le gouvernement et le parlement ainsi que de nommer les membres de la Cour constitutionnelle.

    Depuis 2006, les experts de l'institut hongrois Political Capital constatent le renforcement du Parti de la Liberté (FPÖ) et du soutien aux initiatives de Moscou lors des séances du Parlement européen, au grand damne des élites de l'UE.

    Norbert Hofer, contrairement à Alexander Van der Bellen, mise sur le partenariat avec le Kremlin tout en rejetant l'idée d'un « Brexit » à l'autrichienne. S'il critique l'UE, il entend poursuivre la coopération avec Bruxelles et avoue qu'il est « européen », malgré la « crise profonde » qui accable le Vieux Continent. Le numéro un non-officiel des Verts, lui, a fait le choix de promouvoir le partenariat avec l'Allemagne.

    Selon le New York Times, la victoire de Donald Trump pourrait encore plus renforcer la position de Norbert Hofer dans le contexte de la crise migratoire en Europe occidentale et le retour en force d'un style de politique s'apparentant au populisme.

    Selon l'institut de sondage Gallup, 53 % des Autrichiens estiment que l'élection de Trump favorise le candidat de la droite autrichienne, tandis que 9 % seulement pensent que les résultats de la présidentielle américaine bénéficient à Alexander Van der Bellen. Un avis partagé par celui-ci. M. Hofer, de son côté, s'est limité à noter que la victoire du candidat républicain à la Maison Blanche souligne la sortie par la petite porte des élites politiques.

    Cependant, les derniers sondages de la fondation allemande Bertelsmann stipulent que 55 % des Autrichiens considèrent la globalisation européenne et le principe des frontières ouvertes comme une vraie menace pour le pays.

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    sondages, Cour constitutionnelle, élection invalidée, candidats, crise migratoire, présidentielle autrichienne 2016, Les Verts autrichiens, Parti social-démocrate autrichien (SPÖ), Parti populaire autrichien (ÖVP), Parti de la liberté d'Autriche (Freiheitliche Partei Österreichs, FPÖ), Parlement européen, Union européenne (UE), Alexander Van der Bellen, Norbert Hofer, Donald Trump, Bruxelles, Moscou, Autriche, États-Unis, Russie
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