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Selon des journalistes britanniques, les terroristes à Alep ont éliminé ou kidnappé des journalistes indépendants afin de faire couvrir les événements sous leur angle. Les médias occidentaux ont joué leur jeu en omettant des détails et déformant parfois les faits.

Il est devenu très dangereux d’être un correspondant étranger couvrant la guerre civil en Syrie. Par exemple, à Alep-Est, où les djihadistes n’hésitaient pas à écarter les journalistes occidentaux (en les tuant ou les kidnappant) et à les remplacer, en tant que sources d’informations locales, par des partisans loyaux qui restaient toujours sous leur strict contrôle, lit-on dans le journal britannique The Independent.

C’est ainsi que, par naïveté ou pour promouvoir leurs propres intérêts, les médias étrangers ont permis à des gens qui ne pouvaient travailler qu’avec l’autorisation de groupe comme Al-Qaïda, par exemple le Front al-Nosra et Ahrar al-Sham, de dominer l’agenda des médias.

L’exemple d’Alep montre qu’il est facile pour des participants aux conflits d’écarter les journalistes qui pourraient donner une image objective de la situation. Il suffit de tuer ou de kidnapper tel ou tel journaliste afin de créer un manque d’information qu’on peut ensuite combler à sa façon et ainsi prendre le contrôle de l’information qui sort du pays.

Citant un rapport d’Amnesty International, le journal note qu’outre les journalistes, les habitants locaux en Syrie, vivant constamment dans l’angoisse et la peur d’être kidnappés en réponse aux critiques, étaient également menacés.

« Ils contrôlent ce que nous pouvons ou ce que nous ne pouvons pas dire. Soit tu acceptes leurs règles et leur politique, soit tu disparais », lit-on dans le rapport de l’organisation se référant à un activiste des médias nommé Issa.

Il était pratique pour les médias internationaux de diffuser des vidéos et des interviews qu’ils avaient reçues par Skype d’Alep-Est, comme si elles étaient obtenues de façon aussi indépendante qu’à Copenhague ou à Édimbourg. Dans le cas contraire, l’information publiée ne serait pas aussi crédible.

L’information sur ce qui se passait dans la ville n’était pas toujours un fake, mais plusieurs détails étaient simplement omis. Par exemple, on ne parlait pas, dans les dépêches et les vidéos, des 8 000 à 10 000 combattants armés qui, selon les estimations des Nations unies, se trouvaient à Alep. En outre, l’auteur de l’article ne se souvient pas d’avoir vu une seule vidéo montrant un homme armé à Alep, contrairement à Mossoul.

D’après The Independent, il ne serait pas juste de mettre toute cette propagande sur le dos de l’opposition armée syrienne. Les autorités d’autres pays financent et forment des spécialistes dans le domaine des médias opposés au pouvoir. Selon l’article, un journaliste a avoué qu’on lui avait proposé une rémunération de 17 dollars pour participer à un projet promouvant les médias d’opposition et soutenu par le gouvernement britannique.

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Tags:
menaces, journalisme, danger, propagande, Alep, Syrie
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