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    Bombes à sous-munitions au Yémen: à qui profitent les aveux de Riyad?

    Bombes à sous-munitions au Yémen: à qui profitent les aveux de Riyad?

    © Flickr/ Stephen Downes
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    Les organisations internationales le savaient depuis des mois, mais ce n’est que maintenant que la coalition dirigée par l'Arabie saoudite est passée aux aveux: lundi, Riyad a officiellement reconnu avoir utilisé des bombes à sous-munitions au Yémen. Fait important, les armes sont de fabrication britannique.

    Riyad a utilisé au Yémen des armes à sous-munitions fabriquées au Royaume-Uni, et Londres était parfaitement au courant des faits. Épinglés par le quotidien The Guardian, les Britanniques ont dû admettre l'utilisation par les Saoudiens d'armes interdites, Riyad s'étant de son côté empressé de déclarer qu'il renonçait désormais à en faire usage.

    «  L'Arabie saoudite attaque intentionnellement et depuis longtemps des cibles civiles en utilisant des armes de destruction massive, mais ce n'est que récemment qu'une vague d'indignation a submergé la presse  », explique à Sputnik Gabor Rona, professeur à l'Université de Columbia et expert en droit de la guerre.

    Par conséquent, les gouvernements britanniques et américains, qui livrent des armes à Riyad, se sont retrouvés sous pression de leurs citoyens, car ces derniers étaient opposés à l'implication de leurs pays dans des crimes de guerre.

    En renonçant officiellement à utiliser à l'avenir les bombes à sous-munitions, Riyad cherche à restaurer son image, estime M. Rona, tout en précisant que cette démarche profitant également à ses fournisseurs d'armes.

    «  Dans une certaine mesure, la Grande-Bretagne et les États-Unis cherchent à jeter de la poudre aux yeux en cherchant à désamorcer les critiques de la part de leurs citoyens, et l'Arabie saoudite entre elle aussi dans ce jeu  », poursuit le professeur.

    Selon lui, le soutien militaire sous forme de munitions, de combustible et de renseignement que Washington et Londres ont apporté à Riyad ont largement contribué aux crimes de guerre perpétrés par l'Arabie saoudite au Yémen.

    Andrew Mitchell, membre du parlement britannique de la ville de Sutton Coldfield, condamne lui aussi l'utilisation de bombes à sous-munitions et rappelle que les armes utilisées au Yémen ont été livrées aux Saoudiens à la fin des années 1980. Estimant que la responsabilité pèse avant tout sur celui qui utilise les armes et non pas sur celui qui les vend, M.  Mitchell met en garde contre le danger des bombes de ce type  :

    «  Après un bombardement, un certain nombre de munitions non explosées reste sur le terrain. Elles risquent de détoner et d'emporter à la personne qui les trouve un bras ou une jambe. Et ce sont les enfants qui en souffrent le plus souvent, car ils ne sont pas conscients de ce qu'ils trouvent.  »

    Et d'ajouter  : «  Je ne vois pas de raisons d'imposer un embargo sur la vente d'armes à Riyad. Mais ces armes doivent être utilisées en conformité avec les conventions internationales et les lois de la guerre ainsi qu'au regard des droit de l'homme  ».

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    bombe à sous-munitions, Riyad, Arabie Saoudite, Royaume-Uni, États-Unis
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