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    Téléphone rouge

    Le célèbre «téléphone rouge» Russie-USA n'est ni rouge, ni un téléphone

    © Flickr/ Ant & Carrie Coleman
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    Mise en place le 30 août 1963, après la crise des Caraïbes, celle des missiles à Cuba, la ligne directe entre Washington et Moscou, le fameux «téléphone rouge» symbolisait en quelque sorte l'espoir qu'une telle crise diplomatique ne se reproduise plus.

    Les relations entre Washington et Moscou ne sont pas au beau fixe, les deux pays s'affrontant sur la position à adopter face à la crise en Syrie, et les médias américains ont annoncé que leur président sortant Barack Obama avait contacté son homologue russe Vladimir Poutine par le « téléphone rouge » peu de temps avant la présidentielle pour protester contre les « cyberattaques ».

    Or, selon les dernières informations, le locataire de la Maison-Blanche a voulu parler des actions prétendues de « hackers russes » qu'il considérait comme un « acte d'agression », et il ne s'agissait pas du célèbre « téléphone rouge », mais d'une « ligne secrète », ce qui a été confirmé par le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov.

    « Les présidents russe et américain se sont entretenus, comme d'habitude, via une liaison secrète fermée, appelée également "ligne rouge" », a indiqué le diplomate.

    Mais comment est donc ce fameux « téléphone rouge » ? En fait, le « téléphone rouge » n'a pas de combiné, ni de cadran à chiffres.

    Le « téléphone rouge » est une ligne de communication directe établie le 30 août 1963 entre les États-Unis et l'Union soviétique, à la suite d'un accord signé et entré en vigueur le 20 juin 1963, après la crise des missiles de Cuba qui avait mené le monde au bord d'une guerre mondiale en 1962.

    Le 30 août 1963, Nikita Khrouchtchev et John Kennedy se sont-ils parlé, en tenant des combinés rouges ? Pas du tout. Bien loin des communications d'aujourd'hui, le « téléphone rouge » n'était en fait qu'une ligne télégraphique, plus proche du fax que du téléphone.

    Qui plus est, le téléphone n'était même pas rouge, comme le laisse croire le « Docteur Folamour » de Stanley Kubrick, cette couleur lui ayant été attribuée pour signifier des situations d'urgence. Aux États-Unis, on l'appelle généralement « hot line », ligne chaude.

    Cette ligne de communication, reliant la Maison-Blanche au Kremlin, a permis par la suite de désamorcer bien des situations conflictuelles mettant aux prises les deux blocs qu'étaient l'URSS et les États-Unis d'Amérique lors de la guerre froide.

    En bref, le « téléphone rouge » servait de lien entre Washington et Moscou pour prévenir les crises et éviter qu'elles ne deviennent des conflits.

    Pour commencer ces toutes nouvelles relations, le premier message envoyé par les Américains a été : « Le rapide renard brun a sauté par-dessus le chien paresseux ». En anglais, cette phrase permet d'utiliser tous les caractères de l'alphabet latin.

    Par la suite, le système a été amélioré à deux reprises. En 1971, des liaisons satellite et radio sont ajoutées, et en 1986, il est complété par un fax permettant la transmission de documents iconographiques et de schémas.

    Les dirigeants ne s'appellent évidemment pas tous les soirs, mais la « destruction mutuelle assurée » (MAD), doctrine américaine prévoyant un conflit nucléaire, rend bel et bien nécessaires des discussions bilatérales en urgence.

    Somme toute, ce téléphone qui n'en est pas un, permettait à Moscou et à Washington de se tenir au courant de leurs faits et gestes et d'éviter toute nouvelle crise. C'était au fond le moyen d'ouvrir la voie à la coexistence pacifique et d'établir d'une manière plus sure ce que l'on appelle l'équilibre des forces.

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    Tags:
    missiles, hotline, crise, élection présidentielle, cyberattaque, Kremlin, présidence américaine, Stanley Kubrick, Nikita Khrouchtchev, John Kennedy, Sergueï Riabkov, Vladimir Poutine, Barack Obama, Caraïbes, Cuba, Washington, Moscou, États-Unis, Russie
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