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    Des migrants syriens vendent leurs reins pour fuir en Europe

    Des migrants syriens vendent leurs reins pour fuir en Europe

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    Situation en Syrie (hiver 2016/17) (165)
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    Désespérés dans leur quête d’argent pour aller en Europe, les réfugiés syriens, d’après plusieurs experts sur les lieux, vendent leurs reins. Le professeur Campbell Fraser a livré à Sputnik de tristes vérités sur le marché noir du trafic d’organes.

    Le crime organisé vit de beaux jours en Syrie grâce au marché clandestin des organes, lié aux terroristes, où les Syriens vendent leurs organes pour pouvoir avoir une meilleure vie en Europe, a indiqué Campbell Fraser, professeur à l'Université Griffith, en Australie, dans une interview accordée à Sputnik.

    « Les migrants veulent accéder à l'Europe mais n'ont pas d'argent pour payer les passeurs, pour le transport et la logistique. (…) De leur côté, les trafiquants ont compris que les gens avaient des sommes importantes sur eux », a expliqué l'expert ajoutant, qu'un rein coûtait près de 100 000 dollars (environ 95 000 euros) sur le marché noir.

    Selon lui, ce type de commerce a connu une hausse considérable au cours des cinq ou six dernières années.

    Ce trafic est même effectué depuis les camps de réfugiés sur le territoire syrien, notamment dans le campement palestinien d'Yarmouk dans les banlieues sud de Damas. Ensuite, les soi-disant clients sont conduits vers le Liban pour se présenter devant les intermédiaires. Le rein, lui, est alors transporté vers les marchés noirs en Égypte, où il y a beaucoup plus d'hôpitaux sophistiqués.

    « L'aspect unique du trafic d'organes prévoit le transfert du rein du vendeur vers le corps de l'acheteur », a noté Campbell Fraser.

    Ces effrayantes informations ont été compilées grâce à des interviews d'acheteurs d'organes, qui citaient les hôpitaux et les médecins concernés, les prix exacts et le profil du vendeur et de l'intermédiaire.

    Le professeur Fraser affirme avoir reçu un rein en Australie tout à fait légalement, avant de rencontrer un certain nombre de personnes qui avaient beaucoup voyagé pour se procurer un nouvel organe. Aujourd'hui existe une sorte de club international secret de gens qui ont acquis de nouveaux reins. Et la communication au sein de cette communauté s'avère très intense.

    « Ces gens-là sont voués à la mort ou à l'achat d'organe », a expliqué le professeur.

    Alors, d'après l'interlocuteur de Sputnik, comme les deux parties du marché se trouvent dans un état désespéré, les premiers gagnants sont des intermédiaires, qui ne tardent pas à acheter des reins à des prix minimes avant de les vendre très cher.

    Dans cette situation, l'objectif personnel de Campbell Fraser consiste à travailler main dans la main avec les forces de l'ordre afin de rédiger des rapports plus clairs sur ce type de marchés noirs.

    En outre, le crime organisé en matière de trafic de reins pourrait bien être lié au terrorisme au Proche-Orient, étant donné ses revenues en hausse constante.

    Selon M. Fraser, le rein est un organe assez facile à transplanter. L'intervention médicale ne provoque pas la mort immédiate du patient. En outre, un peu partout au Proche-Orient, on découvre des corps sans reins.

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    Dossier:
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    Tags:
    terrorisme, reins, camp de migrants, hôpital, trafic d'organes, Sputnik, Université Griffith, Campbell Fraser, Proche-Orient, Egypte, Europe, Australie, Liban, Yarmouk, Damas, Syrie
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