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Le bilan des huit années au pouvoir de Barack Obama est mitigé, le 44e président américain n’ayant pas tenu toutes ses promesses de campagne, dont celle de fermer avant tout Guantanamo, la tristement célèbre prison qui fête ses 15 ans d’existence, en renfermant toujours des dizaines de détenus.

Dressant le bilan de ses deux mandats à la Maison Blanche, le président sortant Barack Obama a préféré ne pas trop s'étendre sur le dossier de Guantanamo, prison militaire américaine ouverte dans le sud de Cuba en janvier 2002, après les attentats du 11 septembre 2001, mais a insisté en revanche sur sa contribution au règlement du problème nucléaire iranien.

« La fermeture de la prison de Guantanamo aurait impliqué certaines dépenses du capital politique auxquelles le président Obama n'était pas prêt. Il aurait fallu procéder à sa fermeture pendant la première année de sa présidence quand les démocrates avaient des positions dominantes au Congrès (…) Il a toutefois décidé de le remettre à plus tard à cause d'autres tâches dans son agenda. Aussi toute la responsabilité lui en revient-elle », a déclaré à Sputnik Josie Setzler, militante du mouvement Witness Against Torture.

Les observateurs constatent effectivement que le 44e président des États-Unis n'a pas su tenir sa promesse, pourtant réaffirmée à plusieurs reprises au cours de ses deux mandats, en raison des blocages répétés du Congrès, à majorité républicaine aussi bien à la Chambre des représentants qu'au Sénat depuis les élections de 2014.

Selon Mme Setzler, le fait que la prison de Guantanamo est toujours active est un vrai scandale lié à certains membres du Congrès qui essaient d'intimider l'opinion, tout en poursuivant leurs intérêts politiques.

« Tout est très simple. Ils s'appliquent à persuader leurs partisans que la prison de Guantanamo sert leur sécurité. Quelle honte ! », s'est indignée l'interlocutrice de l'agence.

Les prisonniers « extrajudiciaires » sont détenus à Guantanamo sans charges réelles de la part de la justice américaine, faute de preuves obtenues de façon légale. Les personnes y sont détenues sans jugement ni enquête.

« Nous les appelons des prisonniers éternels. On nous dit qu'on manque de preuves à la charge contre eux, mais qu'il serait trop dangereux de les relâcher. Comment le comprendre ? N'est-ce pas une parodie de justice ? L'une des explications est que ces gens ont été soumis à la torture, mais les dépositions reçues sous la torture ne sont pas reconnues par la justice fédérale. On n'arrive cependant pas à recevoir autrement des preuves contre eux», constate la militante des droits de l'homme.

À signaler qu'initialement, la prison de Guantanamo était censée fermer au plus tard fin janvier 2010, mais quinze ans après son ouverture, elle demeure le symbole d'une promesse non tenue par l'administration Obama. La prison a survécu aux deux derniers présidents américains, et pourrait recevoir de nouveaux détenus après l'entrée en fonction de Donald Trump.

Quoi qu'il en soit, le président américain sortant Barack Obama n'hésite pas à mettre à son actif le règlement du problème du nucléaire de Téhéran, bien que, selon les experts iraniens interviewés par Sputnik, ledit accord nucléaire soit le résultat des efforts collectifs des six médiateurs internationaux.

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Tags:
promesses électorales, président, détenus, prison, Sputnik, Congrès des États-Unis, Witness Against Torture, Donald Trump, Josie Setzler, Barack Obama, Cuba, Guantanamo, États-Unis
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