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Peu avant son départ,l’administration Obama a élargi les règles de partage de la NSA qui peut désormais partager des «informations de renseignement bruts» avec la CIA, le FBI et 16 autres structures de renseignement. Si autrefois les données étaient traitées pour assurer le droit à la vie privée au moins des tierces personnes, ce n'est plus le cas

Un peu plus d'une semaine avant l’investiture de Donald Trump, l’administration sortante fait tout son possible pour rendre les données privées des Américains encore plus vulnérables.

Les nouvelles règles apportent des assouplissements significatifs aux limites qui étaient imposées depuis longtemps à la NSA quant à ce qu'elle pouvait faire avec  les informations recueillies par ses opérations de surveillance les plus puissantes, qui sont en grande partie non réglementées par les lois américaines d'écoutes téléphoniques. Il s'agit notamment de la collecte de transmissions par satellite, les appels téléphoniques et les courriels qui traversent les réseaux à l'étranger, et les messages entre les personnes à l'étranger qui traversent les réseaux domestiques, informe le New York Times.

Le changement signifie que beaucoup plus d’agents des services de renseignement vont chercher une information nécessaire à travers des données brutes. Le gouvernement explique qu'il veut réduire le risque que la NSA se trompe et supprime une information qui lui semble concerner également des tierces personnes mais qui serait en réalité utile à un autre organisme. Pourtant, cette nouvelle règle accroît beaucoup plus le risque que les fonctionnaires puissent avoir accès à des informations privées sur des personnes innocentes.

Le Procureur général américain Loretta Elizabeth Lynch a signé les nouvelles règles, permettant à la NSA de partager des « informations de renseignement bruts », le 3 janvier. James  Clapper, directeur du renseignement national des États-Unis (DNI), les a signées le 15 décembre, selon une copie de la procédure de 23 pages déclassifiée.

James Clapper a annoncé les changements le 12 janvier et ils ont été aussitôt contestés par des activistes de la protection de la vie privée, dont certains ont déjà demandé à l'administration sortante de limiter les pouvoirs de surveillance du gouvernement américain avant que Donald Trump ne prenne ses fonctions.

« Cela soulève de sérieuses inquiétudes que les organismes qui ont des responsabilités telles que la poursuite des crimes domestiques, la réglementation de notre politique financière et l'application des lois sur l'immigration aient désormais accès à toute l’'information personnelle qui pourrait être utilisée abusivement. Le Congrès doit prendre des mesures pour réglementer et superviser ces activités. », a déclaré Neema Singh Giuliani, la conseillère législative de l’Association états-unienne de défense des libertés civiles, citée par ArsTechnica.

La surveillance n'est pas le seul secteur sur lequel le gouvernement américain ne cesse de renforcer son contrôle. Par exemple, en décembre, le ministère de la Justice a reçu des pouvoirs élargis pour rechercher plusieurs ordinateurs, téléphones et autres appareils sur un seul mandat.


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Tags:
droit à la vie privée, données personnelles, renseignement, interception, écoutes téléphoniques, CIA, FBI, Agence nationale de sécurité américaine (NSA), Neema Singh Giuliani, Loretta Elizabeth Lynch, James Clapper, Barack Obama, États-Unis
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