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Forum économique mondial de Davos (2017) (8)
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Tandis que de plus en plus de pays européens déplorent les conséquences économiques des sanctions antirusses et plaident pour leur levée, le secrétaire d'État américain John Kerry a déclaré que ces sanctions avaient contribué à l'unification des pays européens. D’aucuns en doutent fort…

« Les sanctions ont fonctionné. Et nous avons travaillé très dur pour l'unification de l'Europe autour de ces sanctions. C'est comme ça que ça s'est passé », a déclaré le secrétaire d'État américain John Kerry lors du Forum économique de Davos.

Pourtant plusieurs pays-membres de l'Union européenne ont déjà évoqué les séquelles des sanctions antirusses sur leurs économies.

Par exemple, dans une interview à Sputnik, le chef de la diplomatie autrichienne Sebastian Kurz s'est prononcé en faveur de la levée des sanctions, s'il y avait des progrès « visibles » en termes de mise en œuvre des accords de Minsk. Dénonçant les sanctions, l'ex-candidat à la présidentielle autrichienne Norbert Hofer a également mis un accent particulier sur le développement des relations russo-autrichiennes.

Les voix en faveur de l'abolition des sanctions se font entendre non seulement à Vienne, mais aussi à Budapest, à Bratislava, en France et en Italie.

Rappelons encore que les deux chambres de l'Assemblée nationale ont voté l'an dernier pour la levée des sanctions antirusses. En mai dernier, la Commission des affaires européennes du Sénat français a adopté la proposition de résolution européenne présentée par Yves Pozzo di Borgo et Simon Sutour sur le régime de sanctions de l'UE à l'encontre de la Russie. En avril dernier, l'Assemblée nationale a soutenu le projet de résolution du parlementaire Thierry Mariani appelant à lever les sanctions économiques imposées par l'Union européenne. Le fait de l'adoption de ces deux résolutions, votées par la majorité, prouve que l'opinion publique française et les entreprises sont fatiguées des sanctions antirusses.

Le député italien Luigi Di Maio a déclaré, dans une interview accordée à Sputnik, que les sanctions antirusses nuisaient non seulement à l'économie russe, mais encore à celle de l'Italie. Selon le député, les entreprises italiennes perdent près de 7 milliards d'euros en une année de sanctions antirusses.

Les dirigeants italiens ont longtemps exprimé leur inquiétude au sujet des sanctions, affirmant qu'elles avaient gravement affecté les relations entre les entreprises locales et leurs partenaires en Russie. En octobre, l'Union européenne n'a imposé aucune mesure restrictive supplémentaire à Moscou en raison de l'opposition ferme de l'Italie.

« L'atténuation et la levée des sanctions sont favorisées par la Hongrie, Chypre, la Grèce, l'Italie et la Slovaquie », avait déclaré en mai dernier une source anonyme de Bruxelles. Toutefois, cette même source a exclu que les pays énumérés bloqueraient la prolongation des sanctions contre la Russie, ce qui serait « une démonstration claire » d'un manque d'unité au sein de l'UE dans l'application de la politique de « mesures restrictives ».

Dès lors, peut-on raisonnablement décrire l'imposition des sanctions politiques par Bruxelles comme une « unification » des pays européens?

Rappelons que le régime des sanctions antirusses puise ses racines dans le rattachement de la Crimée et de Sébastopol à la Russie, suite à un referendum qui s'est tenu en mars 2014, ou plus de 90 % du peuple ont voté pour le rattachement à la Russie.

La Russie a riposté, en frappant d'embargo en août 2014 plusieurs denrées alimentaires, notamment les produits laitiers, la viande, les fruits et légumes en provenance de l'UE, du Canada, d'Australie et de Norvège. Le 15 décembre, l'UE a prolongé les sanctions contre la Russie de 6 mois. La semaine dernière, le président sortant américain Barack Obama les a également prolongées jusqu'en mars 2018.

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Tags:
sanctions économiques, sanctions antirusses, Norbert Hofer, Sebastian Kurz, Italie, Autriche, États-Unis
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