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    Le décret antiterroriste de Trump met Riyad «dans une position délicate»

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    Le décret sur l’immigration signé par le président US Donald Trump met l’Arabie saoudite, l’un des alliés les plus proches des États-Unis au Proche-Orient, dans une position assez délicate, d’après un expert interrogé par Sputnik.

    Le décret antiterroriste signé par le président américain Donald Trump et visant notamment le Yémen et le Soudan, des pays alliés de l'Arabie Saoudite, mettra Riyad dans une position délicate et compliquera les relations entre Riyad et Washington, a déclaré à Sputnik Mosib Na'imi, analyste politique et directeur du journal iranien Al Vafagh.

    « La loi Trump sur l'immigration mettra l'Arabie saoudite dans une situation délicate », a indiqué M. Na'imi.

    Selon lui, le pays perd déjà son influence internationale en raison de son opération militaire au Yémen lancée il y a deux ans. Si les États-Unis adoptent en plus des mesures visant certains alliés de l'Arabie saoudite, Riyad sera confronté à un choix : perdre sa position de leader régional ou se retourner contre les États-Unis.

    « L'Arabie saoudite n'évitera pas de problèmes dans ses relations avec les États-Unis. Et le lobby pro-saoudien aux États-Unis n'y peut rien. Le jour où l'Arabie saoudite perdra son prestige, elle fera face à des désordres et les États-Unis ni aucun autre pays ne pourront l'aider (…). Deux ans d'opérations militaires contre le peuple yéménite ont fait perdre son image de prestige à l'Arabie saoudite aux yeux de la communauté internationale. Ses anciens alliés ne souhaitent pas la soutenir sur le dossier yéménite », a noté le journaliste.

    En plus, la situation financière de Riyad est en train de déraper, d'après lui.

    « Les réserves financières du pays s'épuisent et le risque de désordres est en hausse. Une question se pose : les autorités pourront-elles garantir la sécurité ? Si l'Arabie saoudite se retourne contre les États-Unis, ce ne sera que pour éviter une crise intérieure. C'est la crise intérieure et non Washington qui présente un vrai danger pour le Royaume », estime M. Na'imi.

    D'autre part, se brouiller avec les Américains sera trop coûteux pour Riyad.

    « Donald Trump a déjà mis l'accent sur l'idée que l'Arabie saoudite devait rembourser les dépenses concédées par Washington pour défendre les intérêts saoudiens », a rappelé l'analyste.

    Ces dernières années, « les États-Unis ont toujours été l'allié principal de l'Arabie saoudite en soutenant les terroristes en Syrie et en Irak ». « En plus, Riyad a indirectement avoué avoir aidé les groupes terroristes comme Daech dans l'intérêt des États-Unis. L'Arabie saoudite a exercé des pressions sur les pays qui se sont opposés aux États-Unis », a-t-il rappelé.

    Mais, comme le notent plusieurs médias dont le Wall Street Journal, la décision de Donald Trump d'interdire l'entrée des citoyens de plusieurs pays musulmans risque de nuire aux relations positives entre les États-Unis et l'Arabie saoudite qui se veut une grande puissance régionale.

    Le président américain Donald Trump a signé le 20 janvier un décret intitulé « Sur la protection de la nation contre l'entrée de terroristes étrangers aux États-Unis ». Le document interdit l'entrée à tous les réfugiés, quelle que soit leur origine, pendant 120 jours (de façon indéfinie pour les réfugiés syriens), ainsi qu'à tous les ressortissants de sept pays à majorité musulmane et suscitant une préoccupation particulière de Washington, pendant 90 jours : Iran, Irak, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen.

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    Tags:
    décret, lutte antiterroriste, immigration, Mosib Na'imi, Soudan, Arabie Saoudite, Yémen, États-Unis
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