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    Otan ou armée européenne? Le meilleur défenseur de la France, c’est la France elle-même

    © REUTERS/ Eric Gaillard
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    L’UE a-t-elle besoin du soutien de l’Otan pour assurer sa défense face aux menaces extérieures? Ou bien le temps est venu de passer le relais à une armée européenne? Dans un commentaire à Sputnik, le porte-parole de Nicolas Dupont-Aignan assure que s’il existe quelqu’un qui est capable de protéger la France, c’est la France elle-même.

    D'après un sondage Ifop-Sputnik Opinion, moins de la moitié des Américains (48 %) estiment que l'UE a besoin du soutien des États-Unis et de l'Otan pour assurer sa défense face aux menaces extérieures. Dans les pays européens, la proportion est plus importante : 53 % en France, 54 % au Royaume-Uni, 56 % en Espagne, 63 % en Allemagne, 65 % en Pologne, 65 % en Italie. Pour analyser ce sondage et évaluer la nécessité du soutien militaire de l'Otan aux pays européens, avant tout la France, Sputnik s'est adressé à Laurent Jacobelli, porte-parole de Nicolas Dupont-Aignan, candidat à l'élection présidentielle.

    Les chiffres que révèle le sondage reflètent l'existence au sein de l'UE de plusieurs catégories de pays : ceux qui n'ont pas ou peu d'armée et qui ont besoin de la tutelle d'un géant international pour se sentir protégés, estime-t-il dans son commentaire.

    « On peut parler de l'Italie, on peut parler de l'Espagne, on peut parler de l'Allemagne aussi, dont on voit bien qu'ils sont plus attachés à l'Otan que les Français qui ont, eux, une des armées les plus puissantes de l'Union européenne, qui est relativement bien entraînée même si malheureusement elle a eu des coupes claires depuis quelques années dans son budget », a indiqué M. Jacobelli avant de pointer que le « meilleur défenseur de la France, c'est la France, et ça paraît clair aujourd'hui pour à peu près la moitié des Français ».

    Commentant la position critique du président Donald Trump à l'égard de l'Alliance atlantique, Laurent Jacobelli a souligné que le nouveau leader américain savait au moins saisir à quoi aspiraient les Américains, ce qui expliquait en partie son succès.

    « Donc je pense qu'effectivement le fait que moins de la moitié des Américains veuillent continuer avec l'Otan telle qu'elle est aujourd'hui montre bien que Donald Trump avait senti l'air du temps. Mais plus loin encore, l'analyse que nous avons faite pour l'Europe, qui est que les réalités géopolitiques changent en permanence, que les alliances changent en permanence, j'imagine que le peuple américain l'a faite aussi, et que se retrouver embringué dans des guerres très loin de chez eux pour une application très indirecte au nom d'idéaux dont on ne sait pas très bien ce qu'ils seront ne les enthousiasment pas non plus », a-t-il souligné.

    À la question de savoir si les résultats du sondage signifiaient que les Européens étaient de moins en moins atlantistes ou qu'ils optaient désormais en faveur d'une défense autonome européenne, il a répondu que l'idée d'un besoin européen de se défendre n'était pas vraiment fondée.

    « Qui va attaquer l'Europe ? Personne. Si un pays est attaqué, c'est la France, c'est l'Italie, c'est l'Allemagne, c'est la Grèce qu'on attaquera, pas l'Europe. Et donc faire de l'Europe une entité indivisible, c'est déjà en soi un postulat qui est erroné. Donc l'Union européenne aujourd'hui, c'est une association de pays, trop intégrés à mon goût, mais ce n'est pour l'instant que cela, ce n'est pas une nation à part entière, donc on ne va pas l'attaquer en tant que telle, on attaquera un ou plusieurs pays de l'ensemble de l'Union européenne », a-t-il répondu.

    Revenant sur l'idée d'armée européenne, il a expliqué qu'aujourd'hui, alors que le Royaume-Uni s'apprêtait à quitter l'ensemble européen, tous les coûts de la défense européenne risquaient de peser entièrement sur les épaules de la France.

    « On se retrouverait dans la situation que les Américains critiquent par rapport à l'Otan ! Aujourd'hui, parler de défense européenne, vu l'état des armées des différents pays de l'Union européenne, souvent à cause de leurs tailles ou de leurs budgets d'ailleurs, c'est parler de la défense par la France, très clairement, et un petit peu de l'Allemagne », a-t-il conclu.

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    Tags:
    sécurité, défense, Union européenne (UE), OTAN, Nicolas Dupont-Aignan, Laurent Jacobelli, Donald Trump, États-Unis, Europe, France
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