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    La Bosnie-Herzégovine, un futur fief européen de Daech?

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    Nedžad Balkan, chef spirituel d’un groupe regroupant des djihadistes du Sandžak serbe et de Bosnie, a été arrêté à Vienne. Des experts estiment que l’Autriche devrait être vigilante et prêter son attention au fait que la Bosnie-Herzégovine risque de se transformer en un refuge de terroristes sévissant aujourd’hui au Proche-Orient.

    Terroristes de Daech
    © AP Photo / Raqqa Media Center of the Islamic State group
    Connu également comme Abu Muhammad, Nedžad Balkan, l'Autrichien originaire d'une région majoritairement musulmane du sud de la Serbie, a été arrêté en compagnie de huit adeptes à Vienne, ville où il « travaille » depuis des années en tant qu'« imam », ou se définit comme tel.

    En effet, cet ancien kick-boxeur mérite plutôt d'être nommé prêcheur et, d'ailleurs, « réussi ». Mirsad Omerovic, récemment condamné en Autriche à 20 ans de prison pour enrôlement de jeunes et leur transfert en Syrie est un de ses étudiants.

    Or, en interpellant M. Balkan, les autorités locales font comprendre que si une nouvelle vague de réfugiés afflue dans le pays, elles ne fermeront pas les yeux sur le risque de présence d'extrémistes parmi les nouveaux venus, considère dans un entretien à Sputnik Milan Pasanski, expert du Forum de l'étude du terrorisme international (Belgrade). « Le fait que Vienne est devenu l'endroit où se rassemblent des fondamentalistes musulmans, y compris de Bosnie, est largement connu », a-t-il ajouté.

    L'expert indépendant bosniaque en matière de terrorisme, Djevad Galijasevic, souligne pour sa part que bien que M. Balkan soit originaire de Tutin en Serbie, il fait partie des fondamentalistes bosniaques. D'ailleurs, il est loin d'être le plus dangereux d'entre eux.

    « Il est le fondateur du projet Ibrahim Milleti, qui a fait objet il y a quelques années d'une large opération policière à l'issue de laquelle des wahhabites ont été interpellés. Nedžad Balkan a agi à Linz, Klagenfurt, Graz, mais aussi en Suisse et en Allemagne, restant toujours caché dans l'ombre. (…) À Vienne, il est l'islamiste lié à la Bosnie-Herzégovine le plus radical, mais pas le plus dangereux », indique-t-il à Sputnik.

    Commentant les propos du ministre slovaque des Affaires étrangères, Miroslav Lajčák, qui avait estimé que la défaite de Daech donnerait lieu au retour d'un millier d'islamistes dans les Balkans, l'expert souligne qu'ayant toute l'infrastructure nécessaire, la Bosnie deviendrait un endroit idéal pour les terroristes fuyant la Syrie et l'Irak, si la Russie et les États-Unis n'arrivent pas à les éradiquer en conjuguant leurs efforts.

    Milan Pasanski estime pour sa part que les islamistes craindraient de franchir les frontières européennes et s'installeront en périphérie de l'Europe, dans la république autoproclamée du Kosovo, au Sandžak et en Bosnie-Herzégovine.

    « En Bosnie, le réseau islamiste existe depuis près de 30 ans sans rencontrer une quelconque entrave. Ni la propagande de ce genre d'idées, ni leur financement ne cessent. En Bosnie, on peut se procurer n'importe quelle arme, certains terroristes y possèdent leurs propres banques », poursuit Djevad Galijasevic.

    Et de conclure qu'après la défaite de Daech les extrémistes deviendraient encore un facteur de déstabilisation des Balkans, région déjà en proie à des troubles.

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    Tags:
    infrastructure, terrorisme, islamisme, Etat islamique, Europe, Serbie, Bosnie-Herzégovine, Autriche
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