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Jurgen Grasslin, porte-parole de l’action Aufschrei («tollé» en allemand), estime que la livraison d’armes de la Bundeswehr aux Peshmergas kurdes équivaut à la complicité dans les meurtres. Explications.

Depuis 2014, la Bundeswehr fournit des matériels de guerre retirés de l'exploitation aux Peshmergas kurdes en Irak du Nord afin qu'ils soient utilisés dans les opérations contre Daech. Cependant, de récentes études des chaînes NDR et WDR témoignent que les armes allemandes sont en fait revendues sur divers marchés et tombent, entre autres, dans les mains de Daech.

Jurgen Grasslin a avoué à Sputnik que c'était chose courante.

« En règle générale, le gouvernement fédéral n'a aucune idée de l'endroit où se retrouvent les armes exportées. Mes recherches menées ces 30 dernières années dans nombre de pays, régions de crise et régions de combat témoignent que les armes se déplacent. Elles ne restent pas là où elles ont été livrées », a-t-il indiqué.

Néanmoins, la Bundeswehr a déjà fourni aux Peshmergas kurdes 2 400 tonnes d'armes et de munitions et a organisé une formation sur leur maniement. Jurgen Grasslin souligne que de cette façon l'Allemagne viole l'embargo de l'Onu sur les livraisons d'armes.

« Il est intéressant de noter dans le cas de cette mission de formation, le gouvernement fédéral enfreint plusieurs lois allemandes. La loi sur le contrôle des armes de guerre, la loi sur le commerce extérieur, les directives allemandes et européennes sur les exportations d'armes interdisent leur fourniture dans les zones de combat », ajoute le vice-président du parti Die Linke Tobias Pfluger.

Cependant, le ministère fédéral de la Défense a expliqué à la chaîne WDR que la responsabilité à cet égard incombait au gouvernement du Kurdistan irakien, qui s'était engagé à utiliser le matériel fourni conformément au droit international.

« Il est tout à fait absurde qu'ils (le gouvernement du Kurdistan irakien) doivent signer un document confirmant l'endroit où a lieu la livraison. C'est un papier tout à fait inutile car nous savons que les armes ont refait surface sur des marchés en Irak et en Syrie. C'est pourquoi cette opération doit être arrêtée, car elle conduit à l'aggravation du conflit militaire et ne contribue aucunement à la paix dans la région », affirme Tobias Pfluger.
Jurgen Grasslin renchérit en disant que les armes livrées seront utilisées pendant plusieurs décennies et réclame de les retirer et de les recycler.

« S'il est prouvé que Daech tire avec des armes allemandes — et des armes provenant d'autres pays, bien sûr — c'est plus qu'un scandale. C'est un crime. C'est la complicité dans les meurtres. Les armes sont livrées dans des zones de combat. Il est notoire qu'elles tombent dans les mains des pires groupes terroristes, y compris Daech. Il faut nommer les gens qui autorisent les exportations d'armes, à savoir le conseil fédéral de sécurité et les membres du gouvernement fédéral. Mais, en premier lieu, ce sont Angela Merkel et Sigmar Gabriel qui dirigent le conseil et portent la responsabilité pour les exportations d'armes », conclut Jurgen Grasslin.

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Tags:
zone de guerre, ventes d'armes, Peshmerga, Etat islamique, Jurgen Grasslin, Tobias Pfluger, Sigmar Gabriel, Angela Merkel, Kurdistan irakien, Irak, Allemagne
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